Les prix du pétrole grimpaient mardi en fin d'échanges européens, soutenus par la progression des Bourses et les inquiétudes sur l'offre de brut, face aux violences au Nigeria et aux tensions croissantes sur l'Iran, le marché spéculant par ailleurs sur une action de la Chine pour relancer son économie.
Vers 17H15 GMT (18H15 à Paris), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en février s'échangeait à 113,45 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 1 dollar par rapport à la clôture de lundi.
Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance gagnait 1,57 dollar à 102,88 dollars.
"La bonne tenue des places boursières, après le bon début de la saison des résultats (d'entreprises) aux Etats-Unis et des indicateurs encourageants sur l'emploi américain, alimente l'optimisme des opérateurs" et leur appétit pour les actifs risqués comme le pétrole, soulignait Myrto Sokou, analyste du courtier Sucden.
"Le raffermissement de l'euro face au dollar a également contribué à tirer les barils vers le haut", ajoutait-elle. Le fléchissement du dollar rend plus attractifs les achats d'or noir, libellés dans la monnaie américaine, pour les investisseurs détenant d'autres devises.
Les prix du pétrole profitaient par ailleurs des inquiétudes persistantes sur l'offre mondiale de brut, menacée notamment par les violences au Nigeria, premier pays producteur d'Afrique -- qui connaissait mardi un deuxième jour de grève générale accompagné de heurts violents avec les forces de l'ordre.
"La situation au Nigeria semble de plus instable, le pays est peut-être au bord de la guerre civile, et au final, il est fort probable que la production pétrolière sera perturbée au cours des prochaines mois", observait David Hufton, analyste du courtier PVM.
Le cas iranien continuait par ailleurs d'accaparer l'attention du marché: les Etats-Unis ont prévenu dimanche qu'ils répondraient par la force si l'Iran cherchait à bloquer le détroit d'Ormuz, passage stratégique par lequel transite 35% du trafic maritime pétrolier mondial.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a de son côté avivé les tensions, en annonçant lundi que Téhéran avait commencé la production controversée d'uranium enrichi à 20% sur son site de Fordo, enfoui sous une montagne.
Enfin, les opérateurs digéraient les derniers chiffres du commerce extérieur chinois: les importations de brut du pays se sont ainsi élevés en décembre à 21,9 millions de tonnes, soit une progression de plus de 5% en un an.
"Les importations chinoises devraient rester à des niveaux élevés, étant donné la récente accélération de la cadence des raffineries du pays, et la nécessité de reconstituer les réserves nationales de pétrole", commentaient les analystes de Commerzbank.
L'excédent commercial total de la Chine s'est par ailleurs réduit à 155,14 milliards de dollars en 2011, une nouvelle accueillie positivement par le marché.
"Ce fort recul des importations de la Chine devrait donner une plus grande marge de manoeuvre à Pékin pour assouplir sa politique monétaire" afin de relancer l'économie du géant asiatique, deuxième pays consommateur de brut de la planète, estimait Mme Sokou.