Les tarifs des transports maritimes de matières sèches comme ceux des frets pétroliers ont lourdement trébuché lors de la première semaine de 2012, dans un marché sans élan peinant à se réveiller après la trêve des fêtes de fin d'année.
Fermé depuis le 23 décembre, le Baltic Exchange de Londres, qui calcule les indices de référence sur le marché des frets maritimes, a rouvert mardi 2 janvier. Le volume d'activité est resté cependant extrêmement limité les jours qui ont suivi - entraînant une dégringolade des prix.
Ainsi, l'indice composite Baltic Dry Index (BDI), moyenne des prix pratiqués sur 24 routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbon, métaux, céréales, etc.), a terminé vendredi à 1.347 points, son plus bas niveau depuis la mi-août 2011, contre 1.738 points le 23 décembre, soit une chute de plus de 20%.
"Le marché redémarre très lentement, alors que certains pays ont connu des congés prolongés. Le manque d'activité et la liste toujours croissante des navires disponibles (faute de demande suffisante) tirent les prix vers le bas", ont observé les experts de l'agent maritime Fearnleys.
"Le bassin Atlantique a connu un petit surcroît d'activité mais ce n'est pas suffisant pour interrompre la spirale baissière qui emporte les prix. La plupart des affréteurs s'étaient totalement retirés du marché avant Noël", ils reviennent progressivement, "mais il ne faut pas attendre un retournement du marché avant la seconde quinzaine de janvier", ont-ils noté.
Le Baltic Panamax Index (BPI), qui comporte sept routes (la plupart pour les céréales) empruntées par les navires adaptés aux dimensions du canal de Panama, a quant à lui fini vendredi à 1.537 points contre 1.645 points deux semaines auparavant.
Les plus gros navires n'ont pas été épargnés, malgré un prompt redémarrage de la demande chinoise en minerais.
Le Baltic Capesize Index (BCI), qui compile les tarifs des "capesize", (contraints par leurs dimensions à naviguer au large des caps Horn et de Bonne-Espérance) a terminé à 2.304 points contre 3.287 points quatorze jours auparavant - un plongeon de près de 30%.
Les frets pétroliers n'ont pas mieux résisté, dans un marché où continuent de peser les inquiétudes sur la demande énergétique mondiale face à une croissance économique en berne.
Ainsi, l'indice Baltic Clean Tanker Index (BCTI), moyenne des prix pratiqués sur cinq routes de produits pétroliers raffinés (essence, gaz liquéfié, fioul de chauffage, etc.), a reculé de 20% en deux semaines, terminant vendredi à 724 points contre 908 points le 23 décembre.
L'indice Baltic Dirty Tanker Index (BDTI), moyenne des taux pratiqués sur onze routes de transport de pétrole brut, a quant à lui terminé à 790 points contre 930 points le vendredi précédent Noël, soit un repli de 15%.