La Bourse de Paris a signé sa troisième séance de baisse consécutive vendredi (-0,24%), rattrapée par ses craintes sur la zone euro qui ont relégué au second plan les bons chiffres de l'emploi américain.
L'indice CAC 40 a perdu 7,55 points à 3.137,36 points, dans un volume d'échanges peu fourni de 1,995 milliard d'euros. Il avait déjà lâché 1,59% mercredi et 1,53% jeudi.
Parmi les autres places boursières européennes, Londres a pris 0,45% mais Francfort a perdu 0,62% et l'Eurostoxx 50 0,74%.
Le marché parisien a longtemps évolué en nette hausse, aidé par une bonne surprise sur l'emploi américain, avant de brusquement passer dans le rouge, peu après une ouverture morose à Wall Street.
"Il y a eu des petits bruits qui indiquent que selon la presse allemande des responsables allemands travaillent sur les détails d'une sortie de la Grèce de la zone euro", explique un vendeur d'actions sous couvert d'anonymat.
Du coup, selon lui, le décrochage des marchés européens a pu s'expliquer par un transfert de liquidités vers les Etats-Unis.
"Cela fait partie des rumeurs qu'on entend souvent", relativise Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.
Pour lui, "les chiffres américains ont été bons, mais le marché a reculé et l'euro s'est déprécié par rapport au dollar, ce qui traduit l'inquiètude dans la zone euro". L'euro est tombé vendredi sous 1,27 dollar pour la première fois depuis septembre 2010.
Le gérant remarque en outre que les taux italiens restent très élevés, alors que la zone euro, dont la France, reste sous la menace d'un abaissement de sa note par les agences de notation.
Sur le plan macroéconomique, le contraste s'accentue des deux côtés de l'Atlantique. Aux Etats-Unis, les éclaircies se multiplient alors qu'en Europe les indicateurs sont moroses sur tous les fronts.
Aux Etats-Unis, l'économie a créé 200.000 emplois nets en décembre, deux fois plus qu'en novembre, et le taux de chômage a poursuivi sa baisse pour tomber à 8,5%, son niveau le plus bas depuis février 2009.
Ces chiffres mensuels, meilleurs que prévu, contrastent avec ceux publiés dans la zone euro où le taux de chômage reste à un niveau historique (10,3% en novembre).
Les valeurs bancaires ont évolué en ordre dispersé. Crédit Agricole s'est distingué (+1,30% à 4,13 euros), tandis que BNP Paribas (-1,88% à 28,46 euros) et Société Générale (-3,20% à 15,57 euros) ont souffert.
Dexia a perdu 2,01% à 0,29 euro. La nationalisation de la filiale française, Dexia crédit local (DCL), fait partie des scénarios actuellement à l'étude, a indiqué vendredi à l'AFP le président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts.
Renault a pris 2,50% à 28,31 euros profitant de la présentation de sa citadine Pulse en Inde, marché stratégique où le groupe cherche aujourd'hui à se positionner sur tous les segments.
La solidité des cours du pétrole a soutenu Total (+0,33% à 39,99 euros) et les valeurs liées au matières premières comme Imerys (+1,81% à 36,56 euros) ou Eramet (+4,57% à 106,40 euros).).
Belvédère s'est envolé (+15,40% à 79,30 euros), alors que le groupe de spiritueux, en proie à des difficultés financières, a annoncé la cession de certaines de ses marques pour se désendetter.