La Bourse de Paris a terminé la séance de jeudi en baisse de 1,53%, rattrapée par des inquiétudes sur le secteur bancaire européen qui ont éclipsé de bons chiffres américains dans le domaine de l'emploi.
A la clôture, l'indice vedette, le CAC 40, a lâché 48,74 points pour s'inscrire à 3.144,91 points, dans un volume d'échanges toujours modeste avec 2,37 milliards d'euros échangés. La veille, l'indice avait déjà cédé 1,59%.
La déprime a été moins accentuée à Francfort, où le Dax s'est replié de 0,25%, et à Londres, où le Footsie a cédé 0,78%. L'Eurostoxx 50 a perdu 1,32%.
"L'élément principal sur le marché ce jeudi a été la méfiance envers le secteur bancaire et les ventes de titres des banques ont lourdement pesé sur la tendance", a expliqué Frédéric Rozier, gérant de portefeuilles chez Meeschaert Gestion Privée. Les titres des banques ont chuté de plus de 5%.
A l'origine de ces mouvements: les rumeurs de recapitalisation de la Deutsche Bank et l'annonce de la forte décote sur les titres de la banque italienne Unicredit dans le cadre de sa prochaine augmentation de capital.
A cela s'ajoute la fragilité du secteur bancaire espagnol, ce qui conduit "les investisseurs à vendre leurs titres bancaires de crainte d'avoir à subir de fortes décotes en cas de recapitalisation", a-t-il expliqué.
Le ministre de l'Economie Luis de Guindos a chiffré à 50 milliards d'euros le besoin de provisions supplémentaires des banques espagnoles.
L'émission obligataire française a focalisé l'attention des opérateurs dans la matinée. La France a réussi à lever les montants prévus à des taux toujours bas, même si une légère tension a pu être notée.
"L'adjudication est plutôt correcte. Elle n'a pas franchement fait bouger les marchés", a souligné Dov Adjedj, vendeur d'actions chez le courtier Aurel BGC.
Perturbés par les inquiétudes sur le secteur bancaire, les investisseurs n'ont pas profité des bons chiffres américains dans le domaine de l'emploi.
Les entreprises privées américaines ont embauché massivement en décembre et ont créé 325.000 emplois de plus qu'elles n'en détruisaient, selon l'enquête du cabinet privé ADP. Le cabinet note que le solde des embauches de décembre traduit la hausse mensuelle de l'emploi privé la plus forte depuis fin 2010.
Même bonne surprise pour les nouvelles inscriptions au chômage qui ont nettement baissé lors de la dernière semaine de 2011.
"Des indicateurs clairement positifs et qui s'ajoutent à un ensemble de bonnes nouvelles dans le secteur de l'emploi", a commenté Natixis.
Mais le marché est resté prudent, à la veille de la publication du chiffre mensuel sur l'emploi américain pour décembre.
Elle aussi inquiète de la situation des banques en zone euro, Wall Street était en recul dans la matinée, accentuant la déprime sur le marché parisien.
Les valeurs bancaires se sont inscrites parmi les plus fortes baisses de la cote parisienne: BNP Paribas (-5,38% à 29 euros), Crédit Agricole (-5,21% à 4,07 euros) et Société Générale (-5,41% à 16,085 euros). Natixis a perdu 6,89% à 1,95 euro.
Carrefour a perdu 4,38% à 16,82 euros, pénalisée par la révision à la baisse par UBS de son objectif de cours à 14 euros contre 16 euros auparavant.
Des prises de bénéfices ont pesé sur Lagardère (-3,62% à 20,90 euros).
Les entreprises exposées à l'international, et notamment le secteur aéronautique, se sont envolées, dopées par la baisse de l'euro qui les rend plus compétitives sur les marchés internationaux. Ainsi EADS, la meilleure performance de l'année 2011, a progressé de 1,32% à 24,89 euros. Les valeurs comme Safran et Zodiac Aerospace ont également bien terminé la séance progressant respectivement de 0,96% à 23,15 euros et 2,78% à 68,32 euros.
BioAlliance Pharma (+3,67% à 3,39 euros) a profité de la montée à son capital du néerlandais Therabel dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux groupes en vue de la commercialisation de l'anti-fongique Loramyc en Europe.