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Sarkozy brandit la "TVA sociale" pour marquer sa volonté de réformer

Jeudi 05 Jan 2012 à 21:20

A moins de quatre mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy veut montrer sa détermination à lutter contre le chômage et les délocalisations en poussant dans l'urgence une réforme controversée du financement de la protection sociale, dite "TVA sociale".

Evoquée lors des voeux aux Français, débattue avec syndicats et patronat le 18 janvier et examinée au parlement en février: c'est tambour battant que Nicolas Sarkozy veut mener les dernières semaines de son mandat.

"Oui nous devons faire évoluer l'assiette sur laquelle repose le financement d'une partie de notre protection sociale", a encore martelé jeudi le Premier ministre François Fillon. "Notre but est clair: notre fiscalité doit favoriser la création d'emplois productifs sur notre territoire."

Président impopulaire, donné battu par le socialiste François Hollande qui l'emporterait au second tour avec 57% des suffrages selon le dernier sondage de décembre, Nicolas Sarkozy veut apparaître comme un dirigeant volontariste qui, jusqu'au bout, aura cherché à "réformer" la France.

François Fillon a précisé jeudi le calendrier du débat sur cette "TVA sociale": "Nous discuterons de tous ces sujets le 18 janvier. Nous déciderons ensuite à la fin du mois de janvier. La réforme du financement de la protection sociale sera soumise au Parlement en février."

La porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse avait annoncé un peu plus tôt que cette réforme voulue par l'exécutif "avant l'élection présidentielle" ferait l'objet d'un amendement budgétaire soumis au parlement, sans préciser de date.

Le principe de la TVA sociale consisterait à alléger les charges salariales et patronales pesant sur les entreprises pour les transférer sur la TVA, augmentée de plusieurs points. Il s'agirait ainsi de favoriser la production sur le territoire national, en pénalisant parallèlement les biens importés.

Cette prime au "made in France" s'est imposée comme un thème de campagne dans un pays où l'industrie a perdu des centaines de milliers d'emplois ces dernières années, et dont la perte de compétitivité se traduit par un déficit commercial abyssal.

"Il faut alléger la pression sur le travail et faire contribuer financièrement les importations qui font concurrence à nos produits avec de la main d'oeuvre à bon marché", avait plaidé Nicolas Sarkozy le 31 décembre.

Pour 100 euros de salaire brut, les charges sont de 39 euros en Allemagne et de 50 euros en France, avait fait valoir mardi le ministre du Travail, Xavier Bertrand.

Après trois ans de crise, le chômage a explosé en France et une récession est imminente: un contexte difficile qui laisse peu de marge de manoeuvre et que le président sortant cherche à dramatiser, en affirmant que le "destin de la France" est en jeu.

Nicolas Sarkozy devrait pas annoncer sa candidature avant fin février, pour rester "président" le plus longtemps possible, selon son entourage. Mais il prend aussi un risque en misant gros sur une réforme impopulaire.

Cette "TVA sociale" a été évoquée à de nombreuses reprises ces dernières années en France mais à chaque fois remise à plus tard, à cause de son impopularité et parce qu'elle toucherait directement, selon certains experts, le moteur principal de la croissance française, c'est-à-dire la consommation.

Selon un sondage CSA paru jeudi, près des deux tiers (64%) des Français se disent opposés à la TVA sociale, contre un tiers (33%) seulement qui y sont favorables.

Cette "TVA sociale" est sévèrement critiquée par les syndicats comme l'opposition de gauche. Le secrétaire général de la CGT, premier syndicat de France, Bernard Thibault qui a dénoncé une "arnaque" et une "mesure anti-sociale".

Le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, qui la juge injuste même si certains de ses collaborateurs les plus proches l'avaient défendue dans le passé, y voit une "mystification économique" et "une faute sociale".

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