La Bourse de Paris a mis fin mercredi à quatre séances de hausse en clôturant sur un recul de 1,59%, plombée par un regain d'incertitudes sur le secteur bancaire européen dans un marché toujours au ralenti.
Le CAC 40 a lâché 51,75 points à 3.193,65 points dans un volume d'échanges très modeste de 2,014 milliards d'euros. La veille, l'indice vedette parisien avait gagné 0,72% renouant avec ses niveaux du 28 octobre 2011.
Ce mouvement de consolidation a touché l'ensemble des places européennes, Londres a perdu 0,55%, Francfort 0,89% et l'Eurostoxx 50 1,51%.
"Les volumes d'échanges ont été faibles, une grande prudence continue de prédominer chez les investisseurs qui ne souhaitent pas s'engager en ce début d'année alors que les doutes sur les dettes européennes restent forts", a décrypté Arnaud de Champvallier, directeur de Turgot Asset Management.
Les incertitudes sur le secteur bancaire ont joué sur la tendance.
La première banque italienne UniCredit va procéder à une augmentation de capital de 7,5 milliards d'euros qui s'effectuera au prix de 1,943 euro par action, soit une décote de 43%.
"C'est une très mauvaise nouvelle qui renforce les doutes sur la santé du secteur. Certains établissements vont être contraints de se recapitaliser et dans des conditions de marché très défavorables", a commenté M. de Champvallier.
Pour Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse, "des rumeurs faisant état d'un éventuel recours de l'Espagne à l'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international pour soutenir son secteur financier" ont aussi pesé sur le moral des investisseurs "même si elles ont été démenties par le gouvernement".
En attendant, les dysfonctionnements sur le marché du prêt interbancaire persistent: les banques de la zone euro ont déposé 453,18 milliards d'euros auprès de la Banque centrale européenne (BCE) entre mardi et mercredi, soit un nouveau record absolu.
Enfin, une émission obligataire de l'Allemagne, très attendue d'autant que la dernière s'était mal passée, s'est déroulée sans surprise et a peu joué sur les échanges.
Berlin a placé 4 milliards d'euros à 10 ans, mais l'opération n'a pas déchaîné l'enthousiasme: l'émission a attiré 5,14 milliards d'euros d'offres, à peine plus que son objectif de départ de 5 milliards d'euros.
Du côté des valeurs, le secteur bancaire a souffert du regain de tensions sur la zone euro. Société Générale a perdu 3,41% à 17 euros, Crédit Agricole 3,00% à 4,30 euros et BNP Paribas 2,19% à 30,65 euros.
Par ailleurs, Crédit Agricole a augmenté de quelque deux milliards d'euros le capital de sa filiale Emporiki Bank, une opération destinée à renforcer les structures de l'établissement grec.
EDF a fortement reculé (-5,10% à 18,23 euros), plombé par l'annonce d'un surcoût maximum de 10 milliards d'euros nécessaire pour renforcer la robustesse des centrales françaises et plus élevé que prévu par les analystes.
Plusieurs valeurs cycliques, dépendantes de la conjoncture, ont été malmenées, comme Alcatel-Lucent (-6,37% à 1,23 euro), qui a subi un abaissement de recommandation d'"acheter" à "neutre" par Natixis.
Hors CAC 40, Trigano a perdu 4,34% à 12,12 euros après avoir pourtant enregistré une progression de 2,2% de son chiffre d'affaires au premier trimestre de son exercice 2011-2012.
Audika a cédé 1,99% à 13,33 euros. Le groupe a ajusté à la baisse le niveau attendu de son chiffre d'affaires pour 2011, en raison de "l'attentisme" de ses clients, nourri par "un climat médiatico-économique très défavorable".
En revanche, Argan a pris 2,74% à 11,61 euros. Le groupe table sur une douzième année de croissance à deux chiffres en 2012.