L'audience au tribunal de commerce de Paris qui devait statuer sur le sort de la compagnie de ferries transmanche SeaFrance, filiale en liquidation judiciaire de la SNCF, a été reportée à lundi, a indiqué l'avocat des salariés Me Philippe Brun mardi à l'issue de l'audience.
Le tribunal de commerce doit se prononcer sur l'offre de reprise déposée par les salariés de la compagnie via une coopérative (Scop), seul projet encore sur la table et qui a reçu contre toute attente le soutien du gouvernement lundi.
"Le délai était trop court entre l'annonce du gouvernement d'hier et l'audience du tribunal ce matin. Il y a une décision politique, il faut maintenant la mettre en musique", a ajouté M. Brun.
Le président Nicolas Sarkozy a demandé lundi à la société nationale des chemins de fer (SNCF) d'apporter son aide à leur projet de Scop, opérant une complète volte-face alors que le gouvernement s'était montré jusque-là hostile à ce projet.
"J'ai demandé à la SNCF de mettre en place une indemnisation supra-légale exceptionnelle en faveur des salariés licenciés afin de leur permettre d'apporter ces fonds à la Scop", a écrit le chef de l'Etat dans un courrier à la Scop-Seafrance.
L'OPTION défendue désormais par le gouvernement consiste à faciliter le financement de la société Scop, nouvellement créée, par les indemnités des salariés licenciés.
La SNCF pourrait verser entre 50 et 60.000 euros d'indemnités exceptionnelles à chaque salarié de sa filiale de ferries en liquidation, a indiqué mardi la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Le projet de coopérative ouvrière est la seule offre en lice pour reprendre SeaFrance, la dernière société française à assurer la liaison maritime Calais-Douvres et qui emploie 880 personnes à Calais (nord), et génère au moins autant d'emplois indirects.
La compagnie britannique concurrente P&O a dénoncé mardi ce projet de sauvetage de SeaFrance et annoncé qu'elle déposerait "immédiatement une plainte auprès des autorités de Bruxelles au moindre signe de la poursuite des aides apportées par l'Etat français à cette entreprise".
De leur côté, les salariés de SeaFrance veulent "mettre à profit ces quelques jours pour organiser dès demain une réunion entre les parties prenantes du dossier (...) pour définir les modalités techniques et financières du sauvetage de SeaFrance", a expliqué Philippe Brun.