La banque française Crédit Agricole a augmenté de quelque deux milliards d'euros le capital de sa filiale grecque Emporiki Bank, une opération destinée à renforcer les structures de l'établissement grec, a annoncé la banque grecque mercredi dans un communiqué.
"A la suite de la matérialisation d'une décision prise lors de l'Assemblée générale des actionnaires d'Emporiki, la maison mère Crédit Agricole a assuré la couverture d'une augmentation de capital d'approximativement deux milliards d'euros, destinée à renforcer les structures de la banque", a indiqué Emporiki.
Concrètement, l'opération n'a pas donné lieu à un flux financier de Crédit Agricole SA, entité cotée de Crédit Agricole, vers Emporiki, mais a consisté à convertir en fonds propres des avances d'actionnaire déjà réalisées par la maison mère depuis 2010, a dit à l'AFP une porte-parole de Crédit Agricole SA.
De ce fait, cette recapitalisation n'a pas d'impact sur les ratios de solvabilité de Crédit Agricole SA, a-t-elle ajouté.
En matière de liquidité, l'effet de l'opération a été neutralisé par le biais du remboursement par Emporiki à Crédit Agricole SA de concours équivalents en liquidités. La situation de liquidité de Crédit Agricole SA n'a donc pas été modifiée par la recapitalisation.
Cette augmentation de capital "souligne la confiance et le soutien de Crédit Agricole et s'inscrit dans le plan d'adaptation du groupe au nouvel environnement macro-économique", ajoute le communiqué.
"En aucun cas, il ne s'agit d'augmenter les crédits à l'économie grecque" grâce à ce renforcement des fonds propres d'Emporiki, a précisé la porte-parole de Crédit Agricole SA.
Depuis le 9 septembre, le Crédit Agricole détient la totalité des actions de sa filiale grecque, retirée de la cote à la Bourse d'Athènes fin octobre.
Toutes les banques grecques sont en train de procéder à des opérations de recapitalisation pour faire face aux conséquences du plan qui doit aboutir à l'effacement de la moitié des créances détenues par les investisseurs privés sur la Grèce.
Importants détenteurs d'obligations d'Etat grecques, les établissements bancaires du pays devraient ainsi essuyer, à cette occasion, de lourdes pertes pouvant, dans certains cas, mettre en péril leur survie et aboutir à leur nationalisation.