Les prix des métaux industriels échangés au London Metal Exchange (LME) ont battu en retraite cette semaine, emportés par le regain de nervosité sur l'Italie et la dégringolade de l'euro, concluant une année 2011 sans éclat qui a vu nickel, étain et cuivre lâcher autour de 25%.
Les métaux de base n'ont pas fait d'étincelles pour la dernière semaine de l'année, écourtée en raison des fêtes, dans un marché sans grand volume d'échanges.
Les prix ont décroché mercredi, "totalement affolés par la chute de l'euro sous 1,30 dollar", sur fond de regain d'inquiétude sur la zone euro et la solidité budgétaire de l'Italie, a relevé William Adams, analyste de la société britannique Fast Markets.
Le net renchérissement du billet vert face à un euro sous pression rendait moins attrayants les achats de métaux, libellés en dollars.
"Pour les matières premières, le sapin de Noël apparaît bien dénudé, ravagé par la crise des dettes souveraines", qui a incité les investisseurs à se détourner des actifs les plus risqués (comme les métaux), observait-on chez Barclays Capital, notant le contraste saisissant avec l'an passé.
2010 s'était en effet terminée pour les métaux industriels par un feu d'artifice, marqué par des sommets historiques du cuivre et de l'étain, qui s'étaient envolés en un an de 30% et 60% respectivement.
L'année 2011 aura été marquée par une douche froide: depuis un pic en février à plus de 10.000 dollars la tonne, le cuivre a perdu plus du quart de sa valeur. Après avoir dépassé les 33.600 dollars la tonne en avril, l'étain s'est effondré de 40% sur le reste de l'année.
En l'espace d'un an, l'aluminium et le plomb se sont pour leur part dépréciés de 20%, tandis que le nickel et le zinc ont vu leur cours fondre d'environ 25%.
La débâcle a débuté en août 2011, un mois noir marqué par de spectaculaires plongeons des métaux en pleine aggravation de la crise en zone euro, qui a asséché les liquidités du marché et renforcé l'aversion des investisseurs pour les actifs risqués.
Les prix ont ensuite poursuivi leur baisse, alors que l'activité manufacturière se contractait en Europe, aux Etats-Unis comme en Chine, premier pays consommateur de métaux.
Si la demande chinoise reste robuste, elle est largement pénalisée par le resserrement de la politique monétaire de Pékin et le recul de la production industrielle du pays, face à la crise des marchés européen et américain, ses principaux débouchés.
Mais "le sort des métaux de base devrait s'éclaircir à mesure que la Chine assouplira sa politique monétaire, à la suite du récent repli de l'inflation dans le pays" -- ce qui incitera les entreprises chinoises à renforcer leurs investissements, a noté Adam Sieminski, analyste de la Deutsche Bank.
La prudence reste cependant de mise, sur fond de perspectives économiques moroses, a cependant averti M. Sieminski, notant que l'absence de solution à la crise en zone euro "aurait des conséquences terrible pour la croissance mondiale".
Le CUIVRE, déjà marqué par un déficit de production persistant, n'a guère profité en 2011 des vives tensions sur la production.
Des grèves de plusieurs mois ont ainsi paralysé la mine chilienne d'Escondida, puis le site indonésien de Grasberg (qui représente 4% de l'offre mondiale de métal rouge), grèves qui ont privé le marché de 200.000 tonnes de cuivre au total.
Sur l'ensemble de l'année, la production mondiale a reculé de 2%, mais devrait rebondir en 2012, alors que les perturbations ont cessé à Escondida comme à Grasberg, et que de nouveaux projets miniers devraient entrer en fonctionnement: un nouveau facteur susceptible de peser sur le marché.
Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s'échangeait à 7.555 dollars vers 13H00 GMT contre 7.648 dollars le vendredi précédent vers la même heure.
L'aluminium valait 2.003 dollars la tonne contre 2.020 dollars.
Le plomb valait 2.007 dollars la tonne contre 2.013 dollars.
L'étain valait 18.900 dollars la tonne contre 19.400 dollars.
Le nickel valait 18.360 dollars la tonne contre 18.802 dollars.
Le zinc valait 1.857 dollars la tonne contre 1.866 dollars.