La Bourse de New York évoluait en repli jeudi dans un marché déçu par l'abaissement des prévisions de croissance en zone euro, alors que s'ouvrait un sommet européen crucial pour l'avenir de la monnaie unique: le Dow Jones lâchait 0,97% et le Nasdaq 0,86%.
Vers 17H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average reculait de 117,92 points à 12.078,45 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 22,87 points à 2.626,34 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 perdait 1,26% (15,84 points) à 1.245,17 points.
La Banque centrale européenne a décidé jeudi de baisser son principal taux directeur à 1%, sans surprise. Mais le marché était déçu par la révision en forte baisse par l'institution de Francfort de la prévision de croissance en zone euro l'an prochain, à 0,3% contre 1,3% espéré.
Le président de la BCE, Mario Draghi, a de plus douché les espoirs d'une intervention massive de son institution pour tenter d'endiguer la crise, répétant mercredi que la BCE agirait dans le cadre des traités européens, et ne sortirait donc pas de sa mission, la maîtrise de l'inflation.
Il a aussi indiqué qu'en matière de soutien aux pays en détresse, sa préférence allait au Fond européen de stabilité financière (FESF), actuellement en activité, et au futur Mécanisme européen de stabilité (MES).
Quant à un concours financier de la BCE au FMI pour aider les Etats européens en difficulté, il a estimé qu'il serait "légalement très compliqué".
Ces propos "ont donné au marché une raison d'être prudent et de prendre des bénéfices avant la fin du sommet" européen vendredi, a commenté Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.
En outre, Mario Draghi a appelé les dirigeants de l'Union européenne à "faire leur maximum" en terme de réformes pour ramener la confiance envers la zone euro.
Mais malgré le volontarisme affiché par les dirigeants européens, en particulier français et allemand, les marchés ont "réalisé" que ces derniers n'avaient "plus le luxe du temps, à force de jouer avec des demi-mesures et des solutions trouvées au forceps depuis le printemps 2010", a souligné Patrick O'Hare, du site d'analyse financière Briefing.com.
Le marché trouvait toutefois du réconfort dans le plus fort recul des inscriptions hebdomadaires en plus de dix mois aux Etats-Unis: 381.000 demandes d'allocations de chômage ont été enregistrées dans le pays du 27 novembre au 3 décembre, soit 6% de moins que la semaine précédente.
"C'est une très bonne tendance. L'amélioration de l'économie américaine a été un important catalyseur à l'origine de la hausse récente des cours", a commenté Frederick Dickson, de DA Davidson.
Selon lui, les investisseurs commencent à ne plus penser que les Etats-Unis sont sur la voie de la récession.
Toutes les valeurs de l'indice vedette Dow Jones évoluaient en baisse, à l'exception de McDonald's (+1,16% à 97,57 dollars), qui a fait état d'une nette hausse de ses ventes mondiales en novembre par rapport à l'année précédente, et de Microsoft (+0,07% à 25,62 dollars).
Ce dernier a va former une joint-venture dans le domaine médical avec General Electric (-1,61% à 16,47 dollars).
IBM perdait 0,87% à 192,36 dollars. Le groupe informatique américain a conclu un accord pour acheter pour 440 millions de dollars la société DemandTec (+55,22% à 13,09 dollars).
Le groupe Costco abandonnait 0,75% à 86,81 dollars après avoir publié des résultats en ligne avec les attentes du marché.
Boeing cédait 0,37% à 70,34 dollars après avoir obtenu un accord avec un syndicat pour la reconduction de sa convention collective.
Le marché obligataire était en baisse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans avançait à 1,988% contre 2,017% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,014% contre 3,043%.