Wall Street évoluait à l'équilibre mardi à la mi-journée, prudente après l'avertissement lancé à la zone euro par Standard & Poor's et avant le sommet européen de jeudi: le Dow Jones grignotait 0,19% et le Nasdaq lâchait 0,57%.
Vers 17H15 GMT, le Dow Jones Industrial Average prenait 22,82 points à 12.120,65 points et le Nasdaq, à dominante technologique, cédait 15,16 points à 2.640,60 points.
L'indice élargi Standard & Poor's 500 perdait 0,20% (2,51 points) à 1.254,57 points.
La Bourse de New York a d'abord ouvert en hausse, avant de repasser rapidement dans le rouge pour finalement s'établir à l'équilibre.
"Les marchés américains observent une pause. On a eu une forte progression la semaine dernière, et même hier, et là le marché est très calme comme le souhaitaient les investisseurs", a résumé Mace Blicksilver, du cabinet de gestion d'actifs Marblehead Asset Management.
"L'avertissement de (S&P) a attisé les attentes, (certains estimant) qu'il va mettre la pression sur les dirigeants de la zone euro pour se mettre d'accord sur un accord cette semaine lors du sommet européen de deux jours", ont expliqué les analystes de Charles Schwab.
L'agence de notation financière américaine Standard and Poor's a placé lundi "sous surveillance négative" les notes d'endettement à long terme de 15 pays de la zone euro, notamment celles de l'Allemagne et de la France.
Lorsqu'une agence place une note sous surveillance négative, cela signifie qu'elle juge supérieure à 50% la probabilité que celle-ci soit abaissée sous trois mois.
S&P a par ailleurs annoncé mardi avoir placé sous surveillance négative la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF), l'instrument censé venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté.
Quelques heures avant l'avertissement de l'agence américaine, le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient présenté à Paris un accord sur un compromis très attendu pour sauver la zone euro avec la volonté de le faire avaliser par le reste de l'Union européenne dès la fin de la semaine. Le sommet européen s'ouvre jeudi.
"Beaucoup pensent que l'avenir de l'euro est en jeu et dépend des accords qui seront trouvés lors du sommet des dirigeants européens", a remarqué Frederick Dickson, de DA Davidson.
Pour Mace Blicksilver, le marché attend "une solution comme en 2008/2009 lors de la crise aux Etats-Unis". "Les investisseurs espèrent que quelque chose de positif va ressortir (du sommet), mais très honnêtement je n'ai pas l'impression que la conviction soit si forte", a-t-il fait valoir.
Dans ce contexte, les valeurs financières évoluaient en ordre dispersé. Citigroup lâchait 1,27%, JPMorgan 0,84% et Morgan Stanley 0,18%. Goldman Sachs restait en territoire positif (+1,03%), tout comme Bank of America (+0,35%).
BofA a passé un accord de règlement à l'amiable avec des investisseurs qui l'accusaient de les avoir trompés en leur vendant des titres adossés à de l'hypothécaire risqué ("subprime"), et va les indemniser à hauteur de 315 millions de dollars.
Le constructeur automobile Ford cédait 0,54% à 11,05 dollars. Selon le Wall Street Journal, le groupe a lancé le processus devant lui permettre de désigner son prochain directeur général en remplacement de l'actuel patron Alan Mulally, qui pourrait quitter ses fonctions d'ici deux ans.
Dans la restauration, la chaîne Darden abandonnait 10,96% à 42,50 dollars, après avoir publié des prévisions en deçà des attentes du marché.
La compagnie aérienne American Airlines (+62,28% à 0,684 dollar), qui s'est placée sous la protection de la loi sur la faillite afin de se restructurer, a l'intention de sabrer dans ses dépenses afin de se redresser, rapporte le Wall Street Journal.
Le marché obligataire évoluait en légère baisse. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans avançait à 2,059% contre 2,054% lundi soir, et celui à 30 ans à 3,055% contre 3,042%.