La Bourse de Paris était en légère baisse mardi matin, alors que le marché relativisait l'impact de l'avertissement lancé par l'agence de notation Standard and Poor's sur les pays de la zone euro notés triple A.
A 09H50 (08H50 GMT), le CAC 40 cédait 0,17% ou 5,44 points, à 3.195,84 points.
"Il faut relativiser, il n'y a aucune raison que le marché dévisse sur ce genre d'annonce à partir du moment où elle est globalisée", a observé Frédéric Rozier, de Meeschaert Gestion Privée. "Cela aurait été plus embêtant si l'attention s'était concentrée sur un ou deux pays", a-t-il ajouté.
L'agence de notation Standard and Poor's a pris les marchés de court en annonçant lundi soir la mise sous surveillance négative de 15 des 17 pays de la zone euro. Wall Street a eu le temps de terminer sur un gain de 0,65% avant que l'annonce officielle ne fasse plier les Bourses asiatiques. Tokyo a lâché 1,39%.
"L'humeur sur les places boursières mondiales avait certes changé ces deux dernières semaines, mais la progression avait toujours semblé quelque peu vulnérable à une actualité inattendue", a observé Terry Pratt, d'IG Markets.
Toutefois, la baisse sur les marchés européens était limitée, après une ouverture en net repli.
S&P a placé "sous surveillance négative" les notes qu'elle attribue à la dette à long terme de quinze pays de la zone euro, dont l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, qui bénéficient actuellement de la meilleure possible.
La note de solvabilité de la France est la seule à être menacée d'un abaissement de "deux crans", à "AA".
Les investisseurs avaient toutefois anticipé une sévérité plus forte à l'égard de la France, déjà scrutée par l'agence Moody's, a souligé M. Rozier.
Les valeurs bancaires étaient au centre des attentions alors que Standard and Poor's s'est inquiété spécifiquement pour les banques françaises dans sa note, craignant que la perception de leur santé par leurs homologues étrangères complique leur capacité à se financer à l'étranger.
Société Générale abandonnait 0,65% à 20,01 euros, Crédit Agricole 1,58% à 4,98 euros et Natixis 1,79% à 2,20 euros, limitant leur repli après avoir lâché jusqu'à 5% peu après l'ouverture. BNP Paribas évoluait même dans le vert, en hausse de 1,34% à 33,60 euros.
Veolia Environnement (+1,97% à 9,71 euros) était recherché. Le groupe va sortir de son activité dans les transports publics et compte céder en tout 5 milliards d'euros d'actifs sur deux ans, dont ses activités d'eau régulée au Royaume-Uni et celles de déchets solides aux Etats-Unis.