La Bourse de Paris s'accrochait à l'équilibre mardi à la mi-journée, alors que le marché relativisait l'impact de l'avertissement lancé par l'agence de notation Standard and Poor's sur la zone euro et en particulier les pays notés triple A.
A 11H55 (09H55 GMT), le CAC 40 grignotait 0,04% ou 1,34 point, à 3.202,62 points.
"Il faut relativiser, il n'y a aucune raison que le marché dévisse sur ce genre d'annonce à partir du moment où elle est globalisée", a observé Frédéric Rozier, de Meeschaert Gestion Privée. "Cela aurait été plus embêtant si l'attention s'était concentrée sur un ou deux pays", a-t-il ajouté.
L'agence de notation Standard and Poor's a pris les marchés de court en annonçant lundi soir la mise sous surveillance négative de 15 des 17 pays de la zone euro.
"L'humeur sur les places boursières mondiales avait certes changé ces deux dernières semaines, mais la progression avait toujours semblé quelque peu vulnérable à une actualité inattendue", a observé Terry Pratt, d'IG Markets.
Toutefois, l'impact négatif sur les marchés européens était limité, après une ouverture en net repli.
S&P a placé "sous surveillance négative" les notes qu'elle attribue à la dette à long terme de quinze pays de la zone euro, dont l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, qui bénéficient actuellement de la meilleure possible.
La note de solvabilité de la France est la seule à être menacée d'un abaissement de "deux crans", à "AA".
Les investisseurs avaient toutefois anticipé une sévérité plus forte à l'égard de la France, déjà scrutée par l'agence Moody's, a souligné M. Rozier.
A deux jours d'une réunion de la Banque centrale européenne et avant le sommet européen de vendredi, le marché était dans une position attentiste.
"Cela méritait peut-être qu'on temporise un peu plus longtemps que les 1% de baisse qu'on a eu à l'ouverture", alors que l'indice CAC 40 a bondi de 13% depuis le 24 novembre, a concédé Frédéric Rozier.
Dans ces conditions, le marché était assez indifférent aux indicateurs économiques. L'office européen de statistiques Eurostat a confirmé sa première estimation pour la croissance du troisième trimestre en zone euro, de +0,2%.
Les valeurs bancaires étaient sous pression alors que Standard and Poor's s'est inquiété spécifiquement pour les banques françaises dans sa note, craignant que la perception de leur santé par leurs homologues étrangères complique leur capacité à se financer à l'étranger.
Société Générale lâchait 2,08% à 19,72 euros, Crédit Agricole 2,61% à 4,93 euros et Natixis 1,74% à 2,20 euros. BNP Paribas par contre s'affichait en nette progression de 1,03% à 33,49 euros.
Veolia Environnement se maintenait en hausse (+0,50% à 9,57 euros) après avoir affiché de forts gains à l'ouverture. Le groupe va sortir de son activité dans les transports publics et compte céder en tout 5 milliards d'euros d'actifs sur deux ans, dont ses activités d'eau régulée au Royaume-Uni et celles de déchets solides aux Etats-Unis.
Dans le reste de l'actualité, le groupe pétrolier Total (+0,77% à 39,06 euros) a annoncé la suspension de ses activités en Syrie afin de se conformer aux sanctions européennes contre le régime de Bachar al Assad qui visent indirectement son partenaire dans le pays.
Le fabricant de terminaux de paiement Ingenico (+0,94% à 29,68 euros) a conclu avec "succès" le rachat du spécialiste des terminaux de lecture des cartes Vitale Xiring, dont il détient à présent 91% des droits de vote.
Le titre du groupe Vivendi (-0,03% à 17,16 euros) ne souffrait pas trop après le rachat de quatre des cinq lots des droits audiovisuels de la Ligue des Champions pour la diffusion pour la France sur la période 2012-2015 par Al-Jazira Sport, au détriment de Canal +.
Gascogne, spécialiste en bois, papier et sacs, se repliait nettement (-1,22% à 22,72 euros). Se jugeant pas assez rentable, le groupe va économiser 5 millions d'euros en 2012, en réduisant ses coûts administratifs pour 2 millions d'euros et les pertes de ses sites déficitaires pour 3 millions d'euros.
La BIOTECH Cellectis (+3,16% à 6,86 euros) a signé un accord de licence avec le groupe pharmaceutique suisse Novartis pour l'utilisation de brevets couvrant certaines applications de la recombinaison homologue.