La Bourse de Paris devrait ouvrir en hausse lundi et poursuivre sur sa lancée, plus que jamais concentrée sur la zone euro à l'orée d'une semaine qui s'annonce déterminante pour la mise en place de solutions politiques à la crise de la dette.
Le contrat à terme sur le CAC 40 prenait 0,52% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance.
Vendredi, l'indice vedette parisien a gagné 1,12% à 3.164,95 points, ce qui lui a permis de signer sa meilleure semaine depuis novembre 2008 avec une hausse hebdomadaire de 10,78%.
Après une semaine faste, Wall Street a quant à elle marqué une pause vendredi. Le Dow Jones est resté quasi inchangé et le Nasdaq a grignoté 0,03%.
Les marchés misaient depuis quelques jours sur la mise en place de solutions politiques à la crise de la dette en zone euro, qui n'a cessé ces derniers mois de gagner du terrain au point de menacer des pays notés triple A.
Cet optimisme des investisseurs sera mis à l'épreuve d'une semaine riche en événements, avec surtout la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et un sommet des dirigeants européens en fin de semaine.
"Il y a une série d'annonces importantes prévues dans la zone euro dans les jours qui viennent, qui culmineront avec le sommet européen", rappelle Terry Pratt, analyste chez IG Markets.
Les rendez-vous politiques commencent lundi avec un déjeuner de travail à Paris qui réunit la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy.
Selon le chef de l'Etat français, Paris et Berlin feront des "propositions" pour "garantir l'avenir de l'Europe", sans qu'aucune indication n'ait été donnée sur une éventuelle prise de parole commune.
"Cette réunion peut être considérée comme un premier aperçu du sommet européen", de la fin de semaine, juge Kintai Cheung, économiste chez Crédit Agricole CIB.
Si les deux dirigeants sont d'accord pour un changement de traités et une plus grande discipline budgétaire, ils divergent toujours sur une plus grande implication de la BCE, soutenue par Paris, ou sur la création d'euro-obligations, deux solutions auxquelles Berlin s'oppose.
Par ailleurs, comme en témoignent les places boursières en Asie lundi matin, "les marchés gagnent du terrain alors que les investisseurs prennent connaissance des annonces en Italie qui a mis en place de nouvelles mesures d'austérité", pour M. Pratt.
Le chef du gouvernement italien Mario Monti a annoncé dimanche une nouvelle cure d'austérité draconienne d'environ 20 milliards d'euros et des investissements pour relancer la croissance pour 10 milliards d'euros.
Enfin, les investisseurs surveilleront les indicateurs du jour aux Etats-Unis, au moment où plusieurs statistiques plaident pour une nette amélioration de la première économie mondiale
Sont prévus lundi, les commandes industrielles pour octobre et l'indice ISM d'activité dans les services pour novembre (16H00).
VALEURS A SUIVRE
Les valeurs bancaires, BNP PARIBAS, CREDIT AGRICOLE et SOCIETE GENERALE, sont toujours très sensibles aux annonces concernant la zone euro.
DEXIA: un accord a été trouvé entre la Belgique, la France et le Luxembourg sur un mécanisme de garantie temporaire des financements de la banque franco-belge, une convention qui a été présentée au conseil d'administration du groupe.
EDF va construire en Pologne une centrale à charbon à haut rendement représentant un investissement de 1,8 milliard d'euros.
Par ailleurs, le groupe a vu la recommandation sur son titre abaissée à "neutre", contre "surpondérer" auparavant, par les analystes de Morgan Stanley.
Enfin, des militants de Greenpeace se sont introduits lundi matin dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), a annoncé l'organisation écologiste, "pour faire passer le message que le nucléaire sûr n'existe pas".
REMY COINTREAU a vu la recommandation sur son titre relevée à "neutre", contre "sous-pondérer" auparavant, par les analystes de JPMorgan Cazenove.
SILIC: la Caisse des dépôts (CDC) et Groupama ont confirmé dimanche être en discussion pour la reprise de la participation de l'assureur mutualiste dans la foncière, tout en précisant dans un communiqué commun, qu'"aucun accord n'a été conclu à ce stade".
POWEO: les principaux actionnaires minoritaires ont signé un accord de concert qui leur permet de définir une politique de vote commune, alors que le fournisseur alternatif d'électricité va bientôt fusionner avec son concurrent Direct Energie.