L'euro gagnait encore du terrain jeudi matin, poursuivant la forte hausse entamée la veille après l'annonce d'une action concertée des grandes banques centrales mondiales, même si les craintes sur un enlisement de la crise des dettes européennes restent toujours aussi vives.
Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), l'euro valait 1,3501 dollar contre 1,3438 dollar mercredi soir. La monnaie unique avait grimpé jusqu'à 1,3533 dollar mercredi après-midi, son plus haut niveau depuis une semaine.
L'euro avançait également face à la devise japonaise à 104,88 yens contre 104,25 yens mercredi vers 22H00 GMT.
Le dollar progressait face à la monnaie nippone à 77,73 yens contre 77,58 yens mercredi soir.
Six des principales banques centrales de la planète, dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), sont convenues mercredi de renforcer les échanges de devises entre elles, afin de soutenir un secteur financier en manque de liquidités.
Alors que les établissements bancaires sont réticents à se prêter de l'argent entre eux, la décision des banques centrales devrait leur permettre de se financer de façon plus facile et donc d'augmenter les prêts aux entreprises.
Cette annonce, qui a fait bondir mercredi l'euro face au dollar dans un vif regain de confiance des investisseurs "est évidemment un choc salutaire pour apaiser les tensions des marchés", observait Stephen Gallo, analyste du courtier Schneider FX.
"Mais les taux d'intérêts des obligations allemandes (considérées comme un des actifs les plus sûrs) continuent de baisser, signe que les investisseurs ne sont pas totalement prêts" à revenir complètement sur les actifs plus risqués, continuait-il, estimant que la décision des banques centrales est "tout au plus un antalgique" qui calme la douleur sans guérir la maladie.
De fait, les Etats européens, dont les ministres des Finances se sont réunis mardi et mercredi, cherchent toujours un pare-feu solide à la crise des dettes, avant un sommet européen jugé crucial les 8 et 9 décembre
La zone euro pourrait se tourner à présent vers le Fonds monétaire international (FMI), sachant que son Fonds de secours (FESF) ne parviendra pas dans l'immédiat à atteindre la puissance de feu initialement visée de 1.000 milliards d'euros.
"Les anticipations d'une action décisive de la BCE sur le marché obligataire (pour racheter de la dette des Etats en difficulté) s'intensifient", car "les expériences passées ont appris aux opérateurs à ne pas attendre trop d'un nouveau sommet européen", soulignait Valentin Marinov, analyste de Citi FX.
"En l'absence de réponses effectives des dirigeants politiques, notamment en raison des réticences de l'Allemagne, l'attention des opérateurs se tourne inévitablement vers la BCE", confirmait Simon Derrick, de Bank of New York-Mellon.
"Dans les deux prochaines semaines, l'euro va rester suspendu à ce que la BCE se décidera à faire ou non, et si les investisseurs jugeront son intervention suffisamment vigoureuse: l'attentisme va de nouveau dominer" les échanges, estimait-il.
Le marché était cependant quelque peu rassuré jeudi par les résultats d'une émission obligataire en Espagne, qui a réussi à lever 3,75 milliards d'euros d'obligations, soit le maximum espéré, bien que cela soit à des taux d'intérêt en forte hausse.
Vers 10H15 GMT, la livre britannique perdait du terrain face à l'euro à 85,86 pence pour un euro, mais se reprenait face au billet vert à 1,5714 dollar.
La devise helvétique se stabilisait face l'euro à 1,2269 franc suisse pour un euro et montait face au billet vert à 0,9091 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or s'échangeait à 1.751,95 dollars, contre 1.746 dollars mercredi soir.
Cours de jeudi Cours de mercredi 10H15 GMT 22H00 GMT
EUR/USD 1,3501 1,3438 EUR/JPY 104,88 104,25 EUR/CHF 1,2269 1,2273 EUR/GBP 0,8586 0,8560 USD/JPY 77,73 77,58 USD/CHF 0,9091 0,9134 GBP/USD 1,5714 1,5695