L'euro poursuivait jeudi sa forte hausse entamée la veille après l'annonce d'une action concertée des grandes banques centrales mondiales, mais la monnaie unique modérait quelque peu ses gains alors que les craintes sur l'enlisement de la crise des dettes souveraines restent vives.
Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), l'euro valait 1,3464 dollar contre 1,3438 dollar mercredi soir, limitant sensiblement sa hausse après avoir dépassé, comme la veille, le seuil de 1,35 dollar en milieu d'échanges européens.
L'euro avançait face à la devise japonaise à 104,61 yens contre 104,25 yens mercredi vers 22H00 GMT.
Le dollar progressait face à la monnaie nippone à 77,70 yens contre 77,58 yens mercredi soir.
Six des principales banques centrales de la planète, dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), ont convenu mercredi de renforcer les échanges de devises entre elles afin de soutenir un secteur financier en manque de liquidités.
Cette décision, qui devrait permettre aux banques d'augmenter leurs prêts aux entreprises, a fait bondir mercredi l'euro face au dollar dans un vif regain de confiance des investisseurs: "ça a été un choc salutaire pour apaiser les tensions des marchés", observait Stephen Gallo, du courtier Schneider FX.
"L'élan se poursuit. La perspective d'un flux accru de liquidités sur les marchés devrait entretenir l'appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués (tel que l'euro) au moins jusqu'à la semaine prochaine", abondait Kathleen Brooks, analyste du courtier Forex.com.
Témoin de ce regain de confiance des opérateurs, l'Espagne a réussi à lever 3,75 milliards d'euros d'obligations jeudi, soit le maximum espéré, tandis que la France parvenait au même moment à emprunter 4,346 milliards d'euros sur le marché.
"Il y a toutefois un bémol pour l'Espagne, qui a emprunté à un taux en très forte hausse par rapport à la dernière émission en novembre. Les investisseurs sont heureux de revenir sur la dette espagnole mais la crise des dettes est loin d'être résolue", tempérait Mme Brooks.
La décision des banques centrales est "tout au plus un antalgique" qui calme la douleur sans guérir la maladie, confirmait Stephen Gallo.
De fait, les Etats européens, dont les ministres des Finances se sont réunis mardi et mercredi, cherchent toujours un pare-feu solide à la crise des dettes, avant un sommet européen jugé crucial les 8 et 9 décembre, et pourraient se résoudre à faire appel au Fonds monétaire international (FMI).
"En l'absence de réponses effectives des dirigeants politiques, notamment en raison des réticences de l'Allemagne, l'attention des opérateurs se tourne inévitablement vers la BCE", susceptible de racheter massivement de la dette des pays en difficulté, confirmait Simon Derrick, de la Bank of New York-Mellon.
"Dans les deux prochaines semaines, l'euro va rester suspendu à ce que la BCE se décidera à faire ou non et au jugement des investisseurs sur cette éventuelle intervention: l'attentisme va de nouveau dominer" les échanges, estimait-il.
Vers 17H00 GMT, la livre britannique perdait du terrain face à l'euro à 85,83 pence pour un euro, comme face au billet vert à 1,5687 dollar.
La devise helvétique se repliait face l'euro à 1,2317 franc suisse pour un euro, comme face au billet vert à 0,9145 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or a terminé à 1.752 dollars au fixing du soir, contre 1.746 dollars mercredi.
La monnaie chinoise à fini à 6,3667 yuans pour un dollar, contre 6,3793 yuans mercredi.
Cours de jeudi Cours de mercredi
17H00 GMT 22H00 GMT
EUR/USD 1,3464 1,3438 EUR/JPY 104,61 104,25 EUR/CHF 1,2317 1,2273 EUR/GBP 0,8583 0,8560 USD/JPY 77,70 77,58 USD/CHF 0,9145 0,9134 GBP/USD 1,5687 1,5695