L'euro confortait ses gains jeudi, poursuivant la forte hausse entamée la veille après l'annonce d'une action concertée des grandes banques centrales mondiales, tandis que le succès d'émissions obligataires en France et en Espagne confortait l'optimisme des investisseurs.
Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,3490 dollar contre 1,3438 dollar mercredi soir. La monnaie unique avait grimpé jusqu'à 1,3533 dollar mercredi après-midi, son plus haut niveau depuis une semaine.
L'euro avançait également face à la devise japonaise à 104,87 yens contre 104,25 yens mercredi vers 22H00 GMT.
Le dollar progressait face à la monnaie nippone à 77,77 yens contre 77,58 yens mercredi soir.
Six des principales banques centrales de la planète, dont la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), sont convenues mercredi de renforcer les échanges de devises entre elles, afin de soutenir un secteur financier en manque de liquidités.
Alors que les établissements bancaires sont réticents à se prêter de l'argent entre eux, la décision des banques centrales devrait leur permettre de se financer de façon plus facile et donc d'augmenter les prêts aux entreprises.
Cette annonce, qui a fait bondir mercredi l'euro face au dollar dans un vif regain de confiance des investisseurs "a été évidemment un choc salutaire pour apaiser les tensions des marchés", observait Stephen Gallo, analyste du courtier Schneider FX.
"La perspective d'un flux accru de liquidités devrait entretenir l'appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués (tel que l'euro) au moins jusqu'à la semaine prochaine", abondait Kathleen Brooks, analyste du courtier Forex.com.
Témoin de ce regain de confiance des opérateurs, l'Espagne a réussi à lever 3,75 milliards d'euros d'obligations jeudi, soit le maximum espéré, tandis que la France parvenait au même moment à emprunter 4,346 milliards d'euros sur le marché.
"Il y a toutefois un bémol pour l'Espagne, qui a emprunté à un taux en très forte hausse par rapport à la dernière émission en novembre. Les investisseurs sont heureux de revenir sur la dette espagnole, mais la crise des dettes est loin d'être résolue", tempérait Mme Brooks.
La décision des banques centrales est "tout au plus un antalgique" qui calme la douleur sans guérir la maladie, confirmait Stephen Gallo.
De fait, les Etats européens, dont les ministres des Finances se sont réunis mardi et mercredi, cherchent toujours un pare-feu solide à la crise des dettes, avant un sommet européen jugé crucial les 8 et 9 décembre, et pourraient se résoudre à faire appel au Fonds monétaire international (FMI).
"En l'absence de réponses effectives des dirigeants politiques, notamment en raison des réticences de l'Allemagne, l'attention des opérateurs se tourne inévitablement vers la BCE", susceptible de racheter massivement de la dette des pays en difficulté, confirmait Simon Derrick, de la Bank of New York-Mellon.
"Dans les deux prochaines semaines, l'euro va rester suspendu à ce que la BCE se décidera à faire ou non, et au jugement des investisseurs sur cette éventuelle intervention: l'attentisme va de nouveau dominer" les échanges, estimait-il.
Vers 14H00 GMT, la livre britannique perdait du terrain face à l'euro à 85,77 pence pour un euro, mais se reprenait face au billet vert à 1,5717 dollar.
La devise helvétique se stabilisait face l'euro à 1,2266 franc suisse pour un euro et montait face au billet vert à 0,9097 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or a terminé à 1.750 dollars au fixing du matin, contre 1.746 dollars mercredi soir.
La monnaie chinoise à fini à 6,3667 yuans pour un dollar, contre 6,3793 yuans mercredi.
Cours de jeudi Cours de mercredi
14H00 GMT 22H00 GMT
EUR/USD 1,3490 1,3438 EUR/JPY 104,87 104,25 EUR/CHF 1,2266 1,2273 EUR/GBP 0,8577 0,8560 USD/JPY 77,77 77,58 USD/CHF 0,9097 0,9134 GBP/USD 1,5717 1,5695