La croissance devrait être de 0,3% en 2012 en France et de 0,9% en zone euro mais le risque de récession s'accroît sous l'effet des plans de rigueur engagés en France et dans d'autres pays de la zone euro, a estimé jeudi le cabinet Xerfi.
"La probabilité d'une récession 2012 se renforce de jour en jour au rythme des tours de vis fiscaux et budgétaires en France et en Europe", a déclaré jeudi le président de Xerfi Laurent Faibis au cours d'une conférence annuelle sur l'état de la France.
Sous l'effet du chômage, de l'assèchement du crédit à la consommation et de l'inflation, la consommation, qui représente 57% de la demande interne en France, "ne pourra pas redémarrer" de sitôt, a estimé Alexandre Mirlicourtois, directeur des études de Xerfi.
Les pays du "sud de la zone euro, y compris la France se voient administrer un remède de cheval et ce remède va peser très très fortement sur les perspectives de croissance de la zone euro", a estimé son collègue Aurélien Duthoit.
"Il ne fait aucun doute que la croissance en zone euro sera au mieux léthargique en 2012", a-t-il ajouté, mais "il ne faut pas exclure une récession".
"L'Allemagne n'échappera pas au marasme de la zone euro", a-t-il déclaré, soulignant que les excédents de ce pays se font à 55% avec la zone euro, à 71% avec l'Union européenne et 97% avec l'OCDE, club des principaux pays riches.
"Un ralentissement de l'économie mondiale et du commerce mondial toucheront l'Allemagne de plein fouet, c'est une certitude", a-t-il averti.
Le gouvernement français a maintenu sa prévision de croissance de 1% pour 2012 malgré la publication lundi par l'OCDE d'une prévision de 0,3%.