La Bourse de Paris a engrangé 0,46% mardi, signant sa troisième séance consécutive de hausse dans un marché qui a repris espoir quant à une résolution de la crise de la dette, quelques heures avant la conclusion d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro.
Le CAC 40 a gagné 13,83 points à 3.026,76 points, dans un volume d'échanges étriqué de 2,451 milliards d'euros. La veille, il s'était envolé de 5,46%, après une hausse de 1,23% vendredi.
Parmi les autres Bourses européennes, Francfort a pris 0,95%, Londres 0,46% et l'Eurostoxx 50 0,56%.
La place parisienne a poursuivi sur sa lancée, au terme d'une séance hésitante et débutée en baisse.
"On a un changement de psychologie sur les marchés depuis quelques jours. Le marché arrive à trouver des thématiques porteuses", notamment sur la résolution de la crise de la dette, indique Frédéric Rozier, gérant chez Meeschaert Gestion Privée.
Signe que les marchés ont repris espoir, les investisseurs ont salué une émission obligataire de l'Italie, qui a pourtant coûté cher au pays.
L'Italie a concédé des taux en forte hausse, entre 7% et près de 8%, pour lever environ 7,5 milliards d'euros d'obligations à échéance 2014, 2020 et 2022, ce qui est dans le haut de la fourchette de 5 à 8 milliards visée par Rome.
Dans l'après-midi, le marché a été soutenu par la nette amélioration du moral des ménages américains en novembre, selon l'indice de confiance publié par l'institut Conference Board, qui s'est établi à 56,0 contre 42,5 attendu par les analystes.
Les investisseurs attendaient désormais l'issue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, qui a débuté à 17H00.
L'objectif est d'avancer sur la construction d'un pare-feu à la crise, via le Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou le mode de fonctionnement de la zone euro.
"C'est tout un cheminement jusqu'au sommet du 9 décembre. Il ne faudra pas que le marché soit déçu", pour M. Rozier, qui signale en particulier une certaine normalisation sur le marché obligataire.
Pour Arnaud de Champvallier, directeur de la gestion chez Turgot Asset Management, "le marché a envie d'y croire mais on ne sait pas encore si la hausse est technique ou si elle traduit une tendance durable".
Les valeurs bancaires ont souffert mardi, après s'être envolées à la veille, à l'image de BNP Paribas (-1,24% à 28,17 euros), Crédit Agricole (-1,13% à 4,39 euros) et Société Générale (-0,40% à 17,28 euros).
Le secteur a reculé alors que l'agence de notation Moody's a prévenu mardi qu'elle allait abaisser la note de la dette subordonnée de nombreuses banques européennes.
La Banque centrale européenne (BCE) a elle récolté 9 milliards d'euros de moins que prévu lors d'une opération d'absorption de liquidités destinée à compenser ses rachats d'obligations publiques.
De leur côté, EADS (+0,16% à 21,40 euros) et Air France-KLM (-0,86% à 3,94 euros) ont peu réagi à l'information selon laquelle la compagnie aérienne American Airlines et sa maison-mère, la holding AMR, ont deposé leur bilan.
"C'est vraiment propre aux Etats-Unis et l'impact sur l'Europe est relativement faible", pour M. de Champvallier.
France Télécom a grignoté 0,08% à 12,26 euros malgré l'annonce par Moody's d'un abaissement à "négative" de la perspective des groupes de télécoms européens.
Arkema (-0,31% à 50,84 euros) n'a pas profité d'une révision à positive, contre stable auparavant, de la perspective de sa note, confirmée à "BBB-, par l'agence de notation Standard & Poor's.
Rémy Cointreau a gagné 2,91% à 61,90 euros, grâce à des résultats semestriels en forte hausse. Dans la foulée, Pernod Ricard a pris 2,25% à 69,50 euros.
Soitec a bondi (+13,18% à 3,70 euros). Le groupe participe à la conférence annuelle de l'Onu sur les changements climatiques et a installé une petite centrale photovoltaique, un moyen d'assurer la promotion de sa technologie de panneaux solaires.
En revanche, le marché a sanctionné Faiveley (-7,04% à 46,76 euros) après des résultats plus faibles que prévu au premier semestre.