La Bourse de Paris devrait ouvrir en baisse mercredi, après trois séances de hausse, prudente au lendemain d'une réunion européenne qui a tenté d'avancer sur les remèdes à la crise et de la dégradation par Standard & Poor's des notes de grandes banques américaines.
Le contrat à terme sur l'indice CAC 40 perdait 1,17% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance.
Mardi, l'indice vedette parisien a engrangé 0,46% à 3.026,76 points, poursuivant sur sa lancée après s'être envolé lundi.
"Après le bon départ auquel nous avons assisté cette semaine (...), le fait que les vendeurs soient de retour (mercredi, ndlr) ne constitue pas une surprise", estime Terry Pratt, analyste chez IG Markets.
De son côté, Wall Street a fini sans direction mardi, suspendue à l'issue de la réunion des ministres des Finances européen à Bruxelles. Le Dow Jones a pris 0,28% mais le Nasdaq a cédé 0,47%.
La zone euro a finalement décidé de se tourner davantage vers le Fonds monétaire international (FMI) pour l'aider à enrayer la crise de la dette.
Les ministres européens ont reconnu que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) n'aurait pas les capacités d'action espérées, même s'il pourra garantir le remboursement à hauteur de 20 à 30% pour les investisseurs qui accepteront de prêter de l'argent à des pays en difficulté.
La force de frappe du FESF n'atteindra "probablement pas" le montant de 1.000 milliards d'euros initialement prévu fin octobre, a indiqué Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro.
C'est la raison pour laquelle, les Européens espèrent une contribution du FMI, tout en encourageant la Banque centrale européenne (BCE), indépendante, à aider indirectement les pays fragiles de la zone euro.
Mercredi, à 09H00, c'est au tour des ministres européens des Finances de se réunir pour faire notamment le point sur les progrès de la gouvernance économique dans l'Union européenne (UE).
Pour Terry Pratt, "les progrès réalisés à Bruxelles sur le FESF" ont été compensés aux yeux du marché par la dégradation de la note de nombreuses banques aux Etats-Unis.
L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé la note de Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Citigroup et Wells Fargo, à l'occasion d'une réévaluation des notations des 37 plus grandes banques du monde destinée à tenir compte de nouveaux critères de notation.
La plupart des notes des banques européennes et notamment françaises étaient inchangées.
Hors zone euro, l'agence de notation Fitch a estimé de son côté que le Royaume-Uni a actuellement épuisé ses marges de manoeuvre pour faire face à de nouvelles difficultés économiques tout en maintenant sa note "AAA".
Côté indicateurs macroéconomiques, l'agenda est chargé mercredi avec en zone euro le chômage pour octobre et la première estimation de l'inflation pour novembre.
Aux Etats-Unis, sont attendus les chiffres ADP de l'emploi dans le secteur privé (14H15), l'activité industrielle dans la région de Chicago (15H45) et les promesses de vente de logements (16H00) pour novembre, avant le Libre Beige de la Réserve fédérale américaine (Fed) après la clôture en Europe.
VALEURS A SUIVRE
Les valeurs bancaires, BNP PARIBAS, CREDIT AGRICOLE et SOCIETE GENERALE ont été épargnées par la révision de la note des banques par Standard & Poor's.
PUBLICIS: Maurice Lévy, 69 ans, a été reconduit pour quatre ans à la présidence du directoire du groupe publicitaire.
TOTAL a annoncé d'importants changements à son état-major dans la foulée de la réorganisation de son raffinage, de sa pétrochimie et de sa distribution, ainsi que le départ de son numéro deux François Cornélis, l'ancien patron du belge Petrofina.
SUEZ ENVIRONNEMENT: sa filiale Degrémont a remporté en consortium un contrat de 257 millions d'euros pour concevoir, construire et exploiter pendant un an la principale usine de traitement des eaux usées de Prague.
WENDEL est entrée en négociations exclusives avec le spécialiste américain de la connectivité TE Connectivity en vue de la cession de sa filiale de connecteurs de haute performance Deutsch pour une valeur d'entreprise de 2,1 milliards de dollars.
AKKA TECHNOLOGIES a annoncé que la Banque de Vizille, qui accompagnait son développement depuis une dizaine d'années, avait soldé sa participation "au fil de l'eau", permettant au flottant de monter à 35%.
EIFFAGE: fort d'un carnet de commandes record de 13,7 milliards d'euros au 1er octobre, le groupe va recruter, malgré la crise, 3.800 personnes en 2012, a annoncé son directeur général Pierre Berger.
FIMALAC, propriétaire de l'agence de notation Fitch Ratings, a publié un bénéfice net en hausse de 38,7% à 41,6 millions d'euros pour son exercice décalé 2010-2011, tiré par sa participation dans Groupe Lucien Barrière.
LAURENT-PERRIER a triplé son bénéfice au premier semestre de l'exercice 2011-2012 (clos au 30 septembre) grâce à ses exportations mais entend rester prudent sur l'ensemble de l'année en raison du contexte économique.
L'avenir de la Saur, le troisième distributeur français d'eau, fait l'objet d'un bras de fer entre ses deux principaux actionnaires, le Fonds stratégique d'investissement et le groupe SECHE ENVIRONNEMENT, qui bénéfice de l'appui de l'Etat, affirme mercredi le quotidien les Echos.
SII a enregistré un bénéfice net en hausse de plus de 44% au premier semestre et confirmé ses objectifs pour l'année 2011/2012 malgré un environnement économique et financier dégradé.
SOLUCOM a revu en baisse ses prévisions d'activité pour l'année s'achevant fin mars, après une première moitié d'exercice déjà en net retrait, au vu des "craintes de plus en plus précises de ralentissement" de l'économie.