L'euro rechutait face au dollar mercredi, dans un marché renouant avec la prudence après le regain d'optimisme des jours précédents, alors que la perspective de voir l'Europe faire appel au FMI pour l'aider à résoudre la crise de la dette peinait à rassurer les investisseurs.
Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), l'euro valait 1,3289 dollar contre 1,3317 dollar mardi à 22H00 GMT.
L'euro restait en revanche en légère hausse face à la devise japonaise à 103,71 yens contre 103,66 yens mardi soir.
Le dollar gagnait du terrain face à la monnaie nippone à 78,04 yens contre 77,87 yens mardi soir.
"L'euro reperd du terrain face au dollar, notamment en raison de la perspective de voir l'Italie bientôt contrainte de recourir à une aide internationale" alors que le pays voit s'envoler les taux de ses obligations à des niveaux record, expliquait Lee Hardman, analyste de Bank of Tokyo-Mitsubishi.
Signe de la défiance croissante des investisseurs, l'Italie a procédé mardi à une émission obligataire à risque, où ses taux d'emprunt ont bondi à des niveaux records au-dessus de 7%, un niveau jugé ingérable à long terme pour la péninsule, lourdement endettée.
Autre information alimentant les inquiétudes des cambistes, la Banque centrale européenne (BCE) a récolté 9 milliards d'euros de moins que prévu mardi lors d'une opération d'absorption de liquidités destinée à compenser ses rachats d'obligations publiques, un résultat très inhabituel.
"Tôt ou tard, la BCE va devoir faire un choix: elle ne peut pas en même temps racheter les dettes souveraines (sans assouplir sa politique monétaire) et à la fois contrôler totalement l'inflation. En ce moment, davantage de rachats d'obligations des pays en difficulté par la BCE peut aider l'euro, mais sur le plus long terme, cela affaiblira la monnaie unique", commentaient les experts de Commerzbank.
Dans ce contexte, les opérateurs restaient très circonspects face aux résultats de la réunion, mardi, des ministres des Finances de la zone euro.
L'Union monétaire a ainsi décidé de se tourner vers le FMI après avoir réalisé qu'elle n'aurait pas seule les moyens de faire face à la crise, son Fonds de secours financier (FESF) risquant de ne pas atteindre le montant de 1.000 milliards d'euros initialement prévu.
Les Européens entendent aussi encourager la BCE à effectuer elle aussi des prêts au FMI et ainsi indirectement à aider les pays fragiles de la zone euro.
"Mais le marché n'est même pas sûr qu'un FESF renforcé serait suffisant pour sauver l'Italie et l'Espagne de la crise de la dette", notait M. Hardman.
"Par ailleurs, on peut être sceptique sur l'idée de passer par le FMI pour contourner les réticences de l'Allemagne à renforcer l'intervention directe de la BCE, cela pourrait être contesté par la Cour constitutionnelle allemande", faisait valoir l'analyste.
La fébrilité du marché était par ailleurs entretenu par un regain de craintes sur la solidité des banques américaines, alors que l'agence de notation Standard & Poor's a abaissé mardi la note des principaux établissement financiers du pays.
Dans ce contexte, et en raison de la morosité persistante des perspectives économiques des deux côtés de l'Atlantique, les cambistes se tournaient donc à nouveau vers les devises jugées les plus sûres, tel que le dollar.
Vers 10H15 GMT, la livre britannique perdait du terrain face à l'euro à 85,53 pence pour un euro, et accélérait sa baisse face au billet vert à 1,5536 dollar. L'agence Fitch a estimé mardi que de nouveaux chocs économiques menaceraient la note AAA du Royaume-Uni.
Le franc suisse se stabilisait face l'euro à 1,2261 franc suisse pour un euro, mais baissait face au billet vert à 0,9226 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or s'échangeait à 1.706,84 dollars, contre 1.717 dollars mardi soir.
Cours de mercredi Cours de mardi
10H15 GMT 22H00 GMT
EUR/USD 1,3289 1,3317 EUR/JPY 103,71 103,66 EUR/CHF 1,2261 1,2260 EUR/GBP 0,8553 0,8534 USD/JPY 78,04 77,87 USD/CHF 0,9226 0,9208 GBP/USD 1,5536 1,5595