L'euro accentuait sa baisse face au dollar vendredi, s'enfonçant sous le seuil de 1,33 dollar pour la première fois depuis début octobre, plombé par des craintes accrues de voir la crise de la dette en zone euro faire de nouvelles victimes faute de solution durable sur la table.
Vers 14H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,3241 dollar contre 1,3347 dollar jeudi vers 22H00 GMT. La monnaie unique européenne est tombée vers 13H40 GMT à 1,3212 dollar, un plus bas depuis le 4 octobre.
L'euro baissait également face à la devise nippone, à 102,85 yens contre 102,93 yens jeudi soir.
Le dollar gagnait du terrain face à la monnaie japonaise, à 77,67 yens contre 77,12 yens la veille.
"La crise des dettes souveraines est arrivée à la croisée des chemins: soit les responsables politiques capitulent face à la pression du marché, soit ils ne capitulent pas", commentait Jane Foley,
"Le marché réclame soit une sorte d'euro-obligation soit une intervention de grande envergure de la BCE (Banque centrale européenne)", expliquait Mme Foley, deux projets auxquels la chancelière allemande Angela Merkel, à la tête de la première économie européenne, reste opposée.
Jeudi, à l'issue d'une réunion tripartite avec Mme Merkel et le chef du gouvernement italien Mario Monti, le président français Nicolas Sarkozy avait affirmé que Paris et Berlin allaient faire "dans les jours qui viennent" des "propositions communes pour modifier les traités" européens pour améliorer la gouvernance de la zone euro, mais Mme Merkel a précisé que ces modifications ne concerneront pas la BCE.
Mme Merkel avait également réitéré son scepticisme face à la création d'euro-obligations, un mécanisme qui se substituerait partiellement aux obligations nationales et pour lesquelles chaque Etat serait tenu d'apporter des garanties.
Le gouvernement italien a pour sa part indiqué vendredi que Mme Merkel et M. Sarkozy ont, la veille, "réaffirmé leur soutien à l'Italie, se disant conscients qu'un écroulement de l'Italie amènerait inévitablement à la fin de l'euro, provoquant un arrêt du processus d'intégration européenne aux conséquences imprévisibles".
Ces doutes persistants sur la capacité des dirigeants européens de s'accorder sur une solution durable à la crise pesaient lourdement sur les capacités de pays fragiles de la zone euro à emprunter sur les marchés.
Preuve de la défiance des investisseurs, les taux de rendement des obligations à 10 ans de l'Italie, troisième plus grosse économie de l'Union monétaire et vue comme possible prochain pays à nécessiter une aide financière extérieure, continuaient de progresser au-dessus du seuil de 7%, niveau jugé ingérable dans la durée pour les pays fortement endettés.
De plus, si l'Italie a réussi à lever comme prévu 10 milliards d'euros sur le marché vendredi, ses taux d'emprunt sont montés à des niveaux record lors d'une émission obligataire.
Les taux d'intérêt de bonds du Trésor à six mois ont bondi à 6,504% contre 3,535% lors de la dernière opération similaire le 26 octobre tandis que ceux d'obligations à deux ans se sont envolés à 7,814% contre 4,628%.
Vers 14H00 GMT, la livre britannique progressait face à l'euro à 85,50 pence pour un euro, mais baissait face au billet vert à 1,5485 dollar.
Le franc suisse reculait face l'euro à 1,2290 franc suisse pour un euro, comme face au billet vert à 0,9282 franc suisse pour un dollar.
L'once d'or a terminé à 1.676 dollars au fixing du matin contre 1.692,50 dollars jeudi soir.
Le yuan chinois a fini à 6,3789 yuans pour un dollar contre 6,3659 yuans la veille.
Cours de vendredi Cours de jeudi 14H00 GMT 22H00 GMT
EUR/USD 1,3241 1,3347 EUR/JPY 102,85 102,93 EUR/CHF 1,2290 1,2274 EUR/GBP 0,8550 0,8613 USD/JPY 77,67 77,12 USD/CHF 0,9282 0,9196 GBP/USD 1,5485 1,5496