La Bourse de Paris a fini en recul mercredi pour la 5e séance consécutive (-1,68%), déstabilisée par une adjudication allemande décevante qui illustre la méfiance des investisseurs envers la zone euro et sur fond de mauvaises nouvelles concernant la situation économique mondiale.
A la clôture, l'indice CAC 40 perdait 48,25 points pour s'inscrire à 2.822,43 points, son plus bas niveau depuis deux mois. L'activité était faible avec 2,73 milliards d'euros échangés.
Dans la matinée, le marché a piqué du nez dès que les investisseurs ont pris connaissance des mauvais résultats de l'adjudication allemande sur une ligne obligataire à 10 ans. Berlin n'a réussi à placer que 3,6 milliards d'euros contre une offre de départ de 6 milliards d'euros.
Ce résultat décevant s'inscrit dans un contexte généralisé de défiance des investisseurs envers la zone euro.
Sur les marchés ce mauvais résultat a mis le feu aux poudres et crée un motif supplémentaire d'inquiétude. Cette adjudication s'est inscrite dans un contexte général d'inquiétude sur la croissance mondiale avec une série de mauvaises nouvelles qui ont achevé de tirer le marché vers le bas.
Fitch, troisième grande agence de notation, a estimé après Moody's et Standard and Poor's, que la note triple A de la dette française, maintenue, pourrait être menacée en cas d'aggravation de la crise en zone euro.
A cela se sont ajoutées des statistiques macroéconomiques décevantes en Chine, aux Etats-Unis et en zone euro. Aux Etats-Unis, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,1% en octobre, soit la hausse la plus faible depuis le mois de juin, et les commandes de biens durables ont reculé.
En Chine, l'activité manufacturière a enregistré en novembre sa plus forte chute depuis mars 2009, selon la banque HSBC.
Enfin, en zone euro les commandes industrielles ont enregistré une forte chute en septembre par rapport à août (-6,4%).
Sur le front des valeurs, Alcatel-Lucent qui a déjà perdu près de 20% sur les 5 derniers jours continuait de chuter et a perdu 5% à 1,14 euros. Des changements à la tête du groupe seraient en cours, indique-t-on dans les salles de marché.
Parmi les fortes baisses on note Club Méditerranée (- 6,91% à 10,51 euros). Le titre a été affecté par les déboires de son partenaire historique, le voyagiste britannique Thomas Cook et par l'avancée des discussions entre Marmara et Nouvelles Frontières en vue de leur rapprochement, a expliqué un analyste parisien sous couvert d'anonymat.
Les valeurs minières étaient en repli, directement concernées par le ralentissement en Chine: ArcelorMittal cédait 4,22% à 11,35 euros et Eramet perdait 6,10% à 80,30 euros.
Arkema s'est largement distingué à la hausse et a terminé sur un bond de 13,97% à 45,25 euros. Le titre a été suspendu de cotation avant l'annonce de la cession de ses activités vinyliques (PVC, soude, chlore, etc.), en difficultés récurrentes, au fonds Klesch, pour un montant inconnu.
Dexia gagnait 12,55% à 0,26 euro, les investisseurs attendant des avancées dans ce dossier alors que la France, la Belgique et le Luxembourg discutent des modalités de mise en place de garanties publiques temporaires pour la banque.