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Deux ans après avoir secoué les marchés, Dubaï s'impose en havre de paix

Jeudi 24 Nov 2011 à 20:40

Deux ans après avoir fait trembler les places financières internationales, Dubaï s'impose en havre de paix dans une région en pleine tourmente, récoltant les fruits de ses investissements dans les services et le tourisme.

Néanmoins, l'émirat, qui a réussi pour le moment à restructurer sa dette monumentale, pourrait connaître des difficultés s'il cherche à se refinancer sur le marché international mal en point et si la demande mondiale chutait, selon des analystes.

Dubaï, ville de la démesure et des projets pharaoniques, connaissait une croissance exponentielle avant que la crise financière mondiale n'éclate en 2008.

Déjà touché de plein fouet par cette crise, l'émirat demandait le 25 novembre 2009 un moratoire sur la dette de 26 milliards de dollars de son plus grand conglomérat, Dubaï World.

Conséquence: l'économie s'est contractée de 2,4% cette année-là.

Dès 2010, Dubaï a commencé à remonter la pente, après avoir négocié une restructuration de sa dette, même si la croissance restait très modeste, avec une hausse de 0,5%.

Cette année, l'économie devrait progresser d'au moins 3% grâce au développement du commerce et du tourisme, même si l'immobilier reste affaibli après avoir perdu plus de la moitié de sa valeur.

"Dubaï a planifié et commencé à s'attaquer à la question de la dette à travers tous les canaux possibles: la restructuration, le refinancement, la vente d'avoirs mais aussi simplement à travers la croissance du PIB, qui a une influence positive sur le ratio de la dette", explique à l'AFP Philippe Dauba-Pantanacce, économiste à la Standard Chartered Bank.

"Le montant de la dette de Dubaï n'a pas disparu, mais elle n'a pas empêché les secteurs moteurs de la croissance d'enregistrer une accélération saine cette année", ajoute-t-il, faisant référence aux secteurs du commerce, du tourisme, des transports, des infrastructures et à la vente de détail.

Le nombre de touristes a progressé de 14% durant la première moitié de 2011 et le taux d'occupation des hôtels est passé au-dessus de 80%, selon la banque régionale d'investissement EFG-Hermes, qui souligne que l'émirat a profité de la désaffection des autres pays de la région (Egypte, Syrie, etc.) secoués par des révoltes.

Du côté du commerce, le trafic de conteneurs a augmenté de 11% durant les six premiers mois de l'année, les ports de l'émirat profitant là encore des troubles régionaux, d'après EFG-Hermes.

"Dubaï s'est démarqué des autres pays de la région, en apparaissant comme un havre de paix", souligne la banque.

De plus, l'émirat, connu pour ses projets monumentaux pour lesquels il a massivement emprunté, a remisé au placard ou révisé à la baisse une partie de ses projets immobiliers.

"L'état d'esprit a complètement changé; l'orgueil démesuré du passé s'est envolé, les gens sont maintenant beaucoup plus réalistes", note Simon Williams, économiste en chef pour la région à HSBC.

Selon lui, même si "l'immobilier est encore faible, l'accès au crédit encore difficile et la réputation de Dubaï à l'international" pas encore réhabilitée, le pays a de nombreux atouts pour renouer avec une croissance durable.

"L'émirat a, de loin, les meilleures infrastructures, le système social le plus tolérant du Golfe et le secteur privé le plus entreprenant", détaille-t-il.

Après des années d'inflation, l'émirat - qui ne prélève pas d'impôts - est également devenu meilleur marché en raison de la "division par deux des prix de l'immobilier et de la stagnation des loyers", ajoute-t-il.

Néanmoins, Dubaï, qui aura 14 milliards de dette mature en 2012, doit refinancer ses obligations dans un contexte financier mondial difficile.

"La menace sur Dubaï demeure s'il y a une détérioration marquée de l'accès aux fonds étrangers", met en garde EFG-Hermes, en soulignant que les difficultés que pourraient connaître Dubaï seront plus probablement liées à des "chocs extérieurs qu'intérieurs".

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