Les Bourses européennes ont encore terminé dans le rouge mardi, déprimées par la révision à la baisse de la croissance américaine au 3e trimestre et les tensions entre la France et l'Allemagne sur le rôle de la Banque centrale européenne dans la crise de la dette.
Le gouvernement américain a revu à 2,0% le taux de croissance du PIB au troisième trimestre contre 2,5% lors de sa première estimation, une forte déception pour les analystes qui tablaient également sur 2,5%.
La chancelière allemande Angela Merkel et deux agences de notations, Standard & Poor's et Fitch, ont par ailleurs mis la pression sur l'Espagne, appelant le nouveau pouvoir de droite à lancer les réformes pour juguler les déficits.
L'Eurostoxx 50 a perdu 1,09%.
La Bourse de Londres a mieux résisté que les autres, l'indice Footsie-100 cédant 0,30% à 5.206,82 points.
Lloyds Banking Group a de nouveau fait partie des grands perdants (-4,40% à 22,39 pence), pénalisé par la nomination lundi d'un patron intérimaire pour le cas où le directeur général Antonio Horta-Osorio ne rentrerait pas de congé maladie à la fin de l'année comme prévu.
Icap, le plus grand courtier interbancaire du monde, a cédé 3,57% à 315,60 pence, tandis qu'International Airlines Group (IAG) perdait 5,17% à 132 pence.
Du côté des hausses, la minière Antofagasta a gagné 2,38% à 1.033 pence.
A Paris, le CAC 40 a perdu 0,84% à 2.870,68 points.
Le secteur bancaire a une nouvelle fois pâti des atermoiements européens: BNP Paribas a cédé 4,92% à 25,53 euros, Société Générale 3,40% à 15,46 euros et Crédit Agricole 2,66% à 4,02 euros.
Les technologiques ont vécu une séance difficile dans le sillage des résultats et perspectives décevants de Hewlett-Packard: STMicroelectronics a perdu 5,43% à 4,44 euros et Alcatel-Lucent 11,95% à 1,20 euro.
L'indice Dax de la Bourse de Francfort a reculé de 1,22% à 5.537,39 points, tirée à la baisse par l'effondrement de l'action de Commerzbank.
L'action de la deuxième banque allemande s'est effondrée de 15,13% à 1,15 euro, son plus bas niveau historique, en raison d'un regain d'inquiétude sur son besoin de capital qui pourrait être plus important que prévu.
Deustche Bank, première banque du pays, a chuté dans son sillage (-3,41% à 24,77 euros).
Le numéro un allemand de l'énergie EON a terminé en baisse de 1,29% à 16,45 euros. Confronté à des difficultés depuis l'annonce de l'abandon de l'énergie nucléaire d'ici 2022, le groupe a annoncé mardi que les suppressions d'emplois qu'il prévoit atteindraient le haut de la fourchette annoncée de 9.000 à 11.000 postes.
Thyssenkrupp a cédé 2,67% à 16,94 euros.
L'indice Ibex 35 de la Bourse de Madrid a perdu 1,45% à 7.904,9 points.
Le Trésor a concédé des taux d'intérêt astronomiques pour se financer, même s'il a réussi, comme prévu, à émettre 2,978 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois, selon la Banque d'Espagne.
Autre mauvais chiffre, le déficit commercial de l'Espagne s'est à nouveau accru en septembre, de 11,7% sur un an, à 4,853 milliards d'euros.
La plupart des valeurs de l'Ibex-35 ont fini dans le rouge, notamment less bancaires: Santander, numéro un en zone euro par la capitalisation boursière, a perdu 2,68% à 5,236 euros, BBVA a baissé de 1,89% à 5,608 euros et CaixaBank a glissé de 3,58% à 3,5 euros.
A Milan, l'indice FTSE Mib a cédé 1,54% 14.286,06 points.
Lanterne rouge, Azimut Holding a reculé de 6,31% à 5,49 euros. Banco Popolare a perdu 5,87% à 0,89 euros, Fondiaria Sai 5,75% à 1,065 euros et UniCredit 4,17% à 0,70 euros.
L'indice SMI-20 de la Bourse suisse a reculé de 0,54% à 5.447,66 points, entraîné à la baisse par les bancaires et les valeurs du luxe.
UBS a enregistré l'une des plus mauvaises performances (-de 2,06% à 10 francs suisses), suivi de Credit Suisse (-1,33% à 19,98 francs suisses).
Le spécialiste du luxe Richemont à quant à lui cédé 1,92% à 44,38 francs suisses et Swatch a baissé de 1,29% à 329 francs suisses.
Contrastant avec les mauvaises performances des grandes banques, Julius Baer a fini en hausse de 1,65% à 31,51 francs suisses, devant le chimiste Lonza (+1,25% à 52,60 francs suisses).
A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel-20 a perdu 0,40% à 1.946,26 points, alors qu'est incertain l'avenir des négociations en vue de former un gouvernement en Belgique.
Le groupe de tréfilerie Bekaert a enregistré la plus forte hausse (+1,58% à 28,95 euros), devant le brasseur AB InBev (+1,42% à 42,75 euros).
Dexia a encore une fois dévissé (-8,08% à 24 centimes), sur fond de rumeurs selon lesquelles le gouvernement belge souhaiterait renégocier le niveau de sa participation au plan de sauvetage de la holding avec les autorités françaises. Les deux gouvernements ont démenti.
Le bancassureur KBC, dont l'agence Moody's a révisé la perspective de la dette long terme à "négative" au lieu de "stable", a perdu 3,13% à 9,16 euros.
A Lisbonne, l'indice PSI-20 a reculé de 1,23% à 5.263,57 points.
Le constructeur Mota Engil a plongé de 3,99%. Une partie du secteur bancaire a également terminé dans le rouge: BES a perdu 3,61% et BPI 1,98%.
En revanche, le secteur énergétique était à la hausse: EDP a pris 0,04% et sa filiale pour les énergies renouvelables EDP Renovaveis a enregistré la plus forte progression de l'indice (+2,19%).
L'indice AEX de la Bourse d'Amsterdam a perdu 0,69% à 276,91 points.
Les baisses les plus importantes ont été enregistrées par la compagnie aérienne franco-néerlandaise Air France-KLM, qui a dévissé de 6,15% à 3,58 euros, et par le groupe sidérurgique Aperam, qui a perdu 5,19% à 10,42 euros.
Le fonds immobilier franco-néerlandais Unibail-Rodamco a gagné 1,75% à 127,7 euros et le groupe agroalimentaire et de cosmétique anglo-néerlandais Unilever a augmenté de 1,66% à 24,20 euros.