La Bourse de Paris devrait ouvrir en baisse mercredi, pénalisée par un mauvais indicateur chinois et par le bras de fer franco-allemand sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) dans la crise de la dette.
Le contrat à terme sur le CAC 40 perdait 1,05% une trentaine de minutes avant l'ouverture de la séance.
Mardi, l'indice parisien a cédé 0,84% tandis qu'à New York le Dow Jones a perdu 0,46% et le Nasdaq 0,07%.
En Chine, l'activité manufacturière a enregistré en novembre sa plus forte chute depuis mars 2009, selon la banque HSBC, ce qui ravive les craintes sur la croissance mondiale au lendemain de l'importante révision à la baisse du Produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre (2,0% contre 2,5% précédemment).
La séance sera encore dominée par les débats entre responsables européens sur les meilleurs moyens de juguler la crise de la dette qui affaiblit l'Union monétaire.
Bruxelles et Paris veulent pousser Berlin à déroger à son orthodoxie pour permettre à la BCE une intervention plus poussée sur le marché de la dette.
Mais les dernières déclarations en provenance d'Allemagne ne sont pas très encourageantes. Faire de la BCE le créancier de dernier recours des pays de la zone euro "ne marchera en aucun cas", a répété la chancelière Angela Merkel mardi.
Le gouvernement allemand espère qu'un renforcement de la discipline budgétaire des Etats sera suffisant pour calmer les marchés et des avancées pourraient être faites en ce sens lors du prochain sommet européen le 9 décembre, selon le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.
Nicolas Sarkozy a de son côté réaffirmé son intention de faire "prochainement" des propositions pour modifier les traités européens afin de permettre une plus grande convergence des politiques économiques de la zone euro.
En attendant, la Commission doit présenter ce mercredi une étude de faisabilité pour l'introduction d'euro-obligations, un mécanisme de mutualisation des emprunts obligataires des Etats de la zone euro perçu par ses promoteurs comme le seul moyen durable de régler la crise.
Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale (Fed) envisage désormais de faire connaître les objectifs précis qu'elle cherche à atteindre à long terme, selon les minutes de la réunion des 1er et 2 novembre de son Comité de politique monétaire (FOMC). Elle a aussi annoncé le lancement de nouveaux tests de résistance imposés aux plus grandes banques du pays.
Plusieurs statistiques sont attendues outre-Atlantique, notamment les commandes de biens durables et les dépenses et revenus des ménages pour octobre.
VALEURS A SUIVRE
Les valeurs bancaires du CAC 40 --qui ont cédé entre 12 et 14,5% sur les cinq dernières séances-- seront une fois de plus au centre des attentions.
RENAULT s'apprête à lancer un projet de voiture ultra-économique à 2.500 euros, trois fois meilleur marché qu'une Dacia Logan et destiné aux pays émergents, selon La Tribune.
SFR (VIVENDI) et le distributeur de biens culturels et technologiques Fnac (PPR) visent 200.000 ouvertures de lignes dans le cadre de leur accord stratégique, au terme duquel SFR réalise les ventes de téléphonie à la Fnac.
AREVA s'est engagé auprès du gouvernement à épargner les emplois du groupe en France, au lendemain de la révélation par l'AFP d'un projet de suppression de plus de 1.000 emplois dans l'Hexagone.
COGRA (producteur de granulé de bois) a annoncé "le succès" de son entrée en Bourse sur le marché alternext de NYSE Euronext Paris, même si le groupe n'a finalement levé que 2,5 millions contre 3,3 millions espérés.