La Bourse de Paris a reculé mardi pour la 4e séance consécutive, déprimée par la révision en nette baisse de la croissance américaine au troisième trimestre et les tensions entre la France et l'Allemagne sur le rôle de la Banque centrale européenne dans la crise de la dette.
Le CAC 40 a cédé 0,84% à 2.870,68 points dans un volume d'échanges faible de 2,423 milliards d'euros.
Sur les autres places européennes, Londres a reculé de 0,30%, Francfort de 1,22% et l'Eurostoxx 50 de 1,09%.
"Un mouvement de rachat de certains titres très faiblement valorisés a permis de soutenir l'indice parisien dans la matinée, mais la tendance n'a pas pu résister aux mauvaises statistiques publiées aux Etats-Unis", a commenté Waldemar Brun-Theremin, gérant d'actions chez Turgot Asset Management.
Le gouvernement américain a revu à 2,0% le taux de croissance du produit intérieur brut au troisième trimestre contre 2,5% lors de sa première estimation, une forte déception pour les analystes qui tablaient également sur 2,5%.
Cette annonce intervient dans un contexte déjà tendu outre-Atlantique où la "super-commission" du Congrès chargée de réduire la dette n'est pas parvenue à un accord entre gauche et droite.
L'humeur est restée morose d'autant que les craintes de contagion de la crise de la dette en zone euro sont loin d'être dissipées.
L'Espagne a réussi à emprunter 3 milliards d'euros de bons à trois et six mois mais à des taux astronomiques par rapport aux dernières émissions similaires, au-delà des 5%.
Ce contexte incite les investisseurs à plaider pour un rôle beaucoup plus accru de la Banque centrale européenne (BCE), un sujet de fortes divergences entre Paris et Berlin.
"Les marchés européens ont encore un potentiel important de baisse. Le coût pour l'économie mondiale de ce bras de fer européen pourrait être élevé", ont averti les analystes du courtier Aurel BGC.
Du côté des valeurs, le secteur bancaire a une nouvelle fois pâti des atermoiements des responsables européens. BNP Paribas a cédé 4,92% à 25,53 euros, Société Générale 3,40% à 15,46 euros et Crédit Agricole 2,66% à 4,02 euros.
Les valeurs technologiques ont vécu une séance difficile dans le sillage des résultats et perspectives décevants de l'américain Hewlett-Packard. STMicroelectronics a perdu 5,43% à 4,44 euros. Alcatel-Lucent a été particulièrement sanctionné en fin de séance (-11,95% à 1,20 euro).
"Morgan Stanley a révisé en baisse ses perspectives pour le groupe notamment en ce qui concerne son chiffre d'affaires au quatrième trimestre", a expliqué une source de marché.
Lafarge a reculé de 4,09% à 23,55 euros. JP Morgan a abaissé ses objectifs de cours sur plusieurs cimentiers européens, dont celui du groupe français de 25,60 à 24,10 euros, a indiqué une source de marché.
Hors CAC 40, Areva a perdu 1,23% à 20,06 euros. Son PDG, Luc Oursel, s'est engagé auprès du gouvernement à épargner les emplois du groupe en France, au lendemain de la révélation par l'AFP d'un projet de suppression de plus de 1.000 emplois dans l'Hexagone.
Zodiac Aerospace s'est adjugé 4,64% à 55,29 euros grâce à un bénéfice net pour l'exercice 2010-2011 en hausse de plus de 60% et à des perspectives jugées solides.
BigBen Interactive (distributeur d'accessoires pour consoles de jeux et téléphones portables) a chuté de 10,07% à 6,70 euros, après des résultats inférieurs aux attentes au cours du premier semestre de son exercice.