Le chimiste français Arkema a annoncé mercredi qu'il allait céder ses activités vinyliques (PVC, soude, chlore, etc.), en difficultés récurrentes, au fonds Klesch, basé à Genève, pour un montant inconnu.
Ce transfert se fera "sans aucune restructuration de l'outil industriel", assure, dans un communiqué, Arkema, qui se recentre donc sur ses activités à plus forte valeur ajoutée, la chimie industrielle et les produits de performance.
L'activité produits vinyliques était l'un des points faibles d'Arkema, malgré les restructurations engagées en 2005, quand l'ancienne branche chimie de Total était sortie du giron du pétrolier. Faible marge, vive concurrence, forte sensibilité à la conjoncture économique pesaient sur cette activité, dont les ventes se font principalement en Europe.
En cédant ce pôle à Klesch, Arkema y voit "la création d'un leader européen de l'industrie du PVC", dont le siège sera à Lyon. Quelque 1.780 salariés français et 850 salariés hors de France seront transférés dans la nouvelle entité, dont le chiffre d'affaires a dépassé un milliard d'euros en 2010.
Sur les comptes du chimiste, cette opération se traduira en 2011 par une charge exceptionnelle nette d'environ 470 millions d'euros.
A la Bourse de Paris, la cotation de l'action Arkema était toujours suspendue, à la demande du groupe.
Le groupe Klesch, qui siège à Genève et réalise plus de 5 milliards de dollars de chiffre d'affaires, est spécialisé dans l'industrie et les matières premières, selon son site internet. Il a racheté en 2010 à Shell sa raffinerie de Heide, en Allemagne, et l'année précédente, les usines d'électrolyse d'aluminium du sidérurgiste Corus (filiale de l'indien Tata Steel) aux Pays-Bas et en Allemagne.
"En se concentrant sur ses activités de spécialités que sont la chimie industrielle et les produits de performance, Arkema poursuivrait, de son côté, la mise en oeuvre de sa stratégie de croissance dans le domaine des solutions innovantes dédiées au développement durable et dans les pays émergents", a mis en avant le PDG d'Arkema, Thierry Le Hénaff, cité dans le communiqué.
Le projet de cession reste soumis au processus d'information et de consultation des représentants du personnel et à l'approbation des autorités de la concurrence.