Les Bourses européennes étaient quasiment à l'équilibre mardi en début d'après-midi après l'annonce d'une révision à la baisse de la croissance américaine au 3e trimestre, qui a effacé leurs gains de la matinée
Le département du Commerce américain a annoncé que la croissance du PIB a atteint 2,0% en rythme annualisé de juillet à septembre, alors que sa première estimation publiée fin octobre tablait encore sur une progression de 2,5%.
Après avoir reculé fortement lundi, et progressé dans la matinée sur une chasse aux bonnes affaires et malgré des tensions sur le marché de la dette et la forte hausse des taux d'emprunt espagnols, Paris revenait à l'équilibre vers 15h45 (14H45 GMT) avec un petit gain de 0,28%, tout comme Londres (+0,32%), tandis que Francfort cédait 0,08% et Madrid 0,74%.
A New York, la Bourse a ouvert en légère baisse, déçue également par la révision de la croissance économique des Etats-Unis: le Dow Jones perdait 0,22% et le Nasdaq 0,18%.
"Sur le fond, le climat reste toujours aussi préoccupant. A la crise de la dette en Europe, se sont ajoutées les inquiétudes sur l'endettement américain après l'échec du comité bi-partisan pour réduire le déficit public", a expliqué Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.
"Il n'y a donc actuellement aucune autre raison de progresser sur le marché action, si ce n'est de se repositionner techniquement sur des valeurs qui ont lourdement chuté", a-t-il poursuivi.
A la Bourse de Paris, par exemple, le montant des transactions était très faible, témoignant de la prudence des investisseurs.
Les difficultés des Etats-Unis après l'échec lundi d'un accord bi-partite pour réduire leur colossale dette, sont en effet venues s'ajouter à celles déjà générées par la crise de la dette en Europe pour les investisseurs, alors que les menaces sur le "triple A" de la France se sont accentuées.
Pour tenter de circonscrire la crise de la zone euro, les consultations entre responsables européens se sont intensifiées mardi, avec notamment la venue à Bruxelles, pour son premier déplacement à l'étranger, du nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti.
Dans ce climat de tension sur les marchés, le Trésor espagnol a émis mardi pour 2,978 milliards d'euros de bons à 3 et 6 mois à des taux d'intérêt en très forte hausse, la victoire de la droite aux législative de dimanche n'ayant pas réussi à rassurer.
L'agence de notation Fitch a annoncé mardi qu'elle maintenait la note AA- de l'Espagne mais a appelé à des "mesures supplémentaires" pour réduire le déficit public.
Dans ce contexte, les appels à la Banque centrale européenne pour qu'elle joue un rôle accru afin d'éteindre l'incendie de la crise de la dette en zone euro ont continué à se multiplier.
La 2e estimation de la croissance américaine pour le 3e trimestre qui doit être annoncée à 14H30 (13H30 GMT) est également très attendue mardi par les investisseurs.
L'euro de son côté amorçait un timide rebond face au dollar.