Zodiac Aerospace (+ 3,43% à 54,65 euros) signe la plus forte hausse du SBF 120, soutenu par des résultats annuels supérieurs aux attentes dans un contexte sectoriel porteur. Sur l'exercice 2010/2011, clos fin août, l'équipementier aéronautique a réalisé un résultat net part du groupe de 238,3 millions d'euros, en progression de 60,5% et un résultat opérationnel courant de 385,7 millions d'euros, en croissance de 60,4%. Il a représenté 14% d'un chiffre d'affaires de 2,75 milliards d'euros (+27,9%), contre 11,2% sur l'exercice précédent.
Les analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un résultat net de 237 millions d'euros et un résultat opérationnel courant de 371 millions d'euros.
CIC attribue la nette amélioration de la rentabilité du groupe par la forte croissance organique de ses ventes (+17,3%) et dans une moindre mesure par l'impact positif des acquisitions et des changes. Pour les analystes, la bonne surprise de ses résultats a pour origine la principale division de Zodiac, Cabin Interiors (équipements intérieurs des avions), dont le résultat opérationnel a bondi de 75,8% à 252,9 millions d'euros.
Bénéficiant d'un début de l'exercice 2011/2012 s'inscrivant dans la lignée de l'année 2010/2011, le groupe anticipe une croissance organique de l'activité de l'ordre de 20% au premier trimestre. Zodiac a aussi indiqué que son objectif d'activité à trois ans devrait être dépassé. Il visait une croissance de ses ventes de 40%.
Les analystes ont aussi également agréablement surpris par le niveau de l'endettement. L'équipementier aéronautique a fini l'exercice avec un endettement financier net de 584 millions d'euros et un ratio endettement financier sur Ebitda de 1,3, contre 1,7 un an plus tôt. Oddo explique cette nouvelle positive par la « très bonne » maîtrise du besoin en fonds de roulement.
AOF - EN SAVOIR PLUS
Les points forts de la valeur
- La notoriété de la marque Zodiac est extrêmement forte partout dans le monde ;
- La croissance par acquisitions est un axe majeur de la stratégie du groupe. Zodiac sélectionne des sociétés ayant une compétence reconnue dans leur domaine et qui sont complémentaires pour développer des synergies commerciales. Il renforce ainsi ses leaderships et améliore sa compétitivité grâce aux synergies industrielles ;
- C'est l'une des entreprises du secteur aéronautique les plus sensibles à la reprise du cycle en raison de son exposition importante à l'aviation d'affaires et régionale ;
- L'activité après-vente (40% du chiffre d'affaires) affiche une capacité de résistance en période de retournement ;
- Zodiac est en avance sur son plan de croissance à moyen terme publié l'été 2010 ;
- La certification du Boeing 787 intervenue été 2011 améliore la visibilité de ce programme qui aura des retombées significatives sur la croissance organique du groupe au cours des 5 prochaines années ;
- La situation financière du groupe est saine ;
- Le pacte d'actionnaires des familles historiques du groupe Zodiac renforce la visibilité sur l'actionnariat.
Les points faibles de la valeur
- Zodiac est plus exposé que ses pairs à l'aéronautique civile. Les difficultés persistantes sur certains programmes rendent incertain le nombre de livraisons possibles ;
- Les équipementiers aéronautiques ont un comportement cyclique « tardif » ;
- La convention d'incessibilité signée entre les actionnaires familiaux qui court jusqu'en avril 2012 limite le potentiel spéculatif à court terme ;
- Le rendement de la valeur est très faible ;
Comment suivre la valeur
- Zodiac est une valeur de croissance. Elle dépend du cycle du secteur aéronautique civil ;
- Zodiac est une valeur « dollar » ;
- L'exercice est décalé : les comptes sont clos à fin août chaque année ;
- Le moratoire de 6 mois qui empêchait Safran de lancer une nouvelle offre sur Zodiac est arrivé à échéance le 18 mai 2011.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Aéronautique - Défense
Les compagnies aériennes américaines s'apprêtent à renouveler leur flotte vieillissante, ce qui représente une formidable opportunité pour Airbus et Boeing. En effet, les moyens et longs courriers détenus par American Airlines, Delta et United, qui a fusionné avec Continental, appartiennent à l'ancienne génération d'appareils, très gourmands en carburant. Ils sont également de plus en plus chers à entretenir. Les experts estiment que 5 000 appareils devraient être remplacés à court terme, dont 70% aux Etats-Unis. Ce pic de commandes aux Etats-Unis devrait générer un pic de livraisons en 2016. Sur les 460 moyen-courriers «économes» commandés par American Airlines, 260 ont concerné l'Airbus A320 et 200 le Boeing 737. Cela représente la plus grosse commande de l'histoire de l'aviation. Air France-KLM a également choisi d'opter pour des appareils moins gourmands en carburant. La compagnie a commandé autant d'avions à Airbus et Boeing (25 chacun), pour un prix catalogue de 12 MdUSD. Cette commande ferme est assortie d'options d'achat pour 60 autres avions.