Le titre de la société américaine de biotechnologies Gilead Sciences plonge de 10,96% à 35,51 dollars à Wall Street. Les investisseurs sanctionnent le projet d'acquérir sa jeune rivale américaine Pharmasset pour 11 milliards de dollars. Ils s'étonnent de l'ampleur de la prime offerte : 89% sur le cours de clôture de vendredi soir. Les investisseurs de Pharmasset, eux, se frottent les mains : le cours du titre flambe de 84,81% à 134 dollars, s'ajustant à l'offre de Gilead. Les analystes considèrent Pharmasset comme l'une des sociétés les plus prometteuses du secteur des biotechnologies.
Le groupe, fondé en 1998 et basée à Princeton (New Jersey, Est des Etats-Unis), développe actuellement trois traitements contre l'hépatite à des stades avancés de développement.
Son médicament le plus prometteur, le PSI-7977 pour lutter contre le virus de l'hépatite C, vient d'accéder à la phase III (la dernière avant la demande d'autorisation de mise sur le marché) pour deux indications et une troisième est prévue au second semestre 2012.
Gilead, qui va donc payer Pharmasset 137 dollars par action, estime que l'opération pèsera sur ses comptes jusqu'en 2014.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Pharmacie - Santé
Moody's juge que les perspectives du secteur pharmaceutique mondial sont négatives. L'agence de notation tient compte des prochaines expirations de brevets sur des produits phares et d'un portefeuille de développement actuel limité. Elle estime que la croissance des résultats des grands groupes devrait continuer à décliner en 2011. La pression sur les résultats se fera sentir davantage en 2012. Le marché demeure toutefois largement profitable et peu endetté. Les notes de crédit des acteurs de la pharmacie sont donc généralement meilleures que dans d'autres secteurs. En France, suite au scandale du Médiator (commercialisé par Servier), la réglementation va être durcie. Un projet de réforme du médicament a été élaboré, destiné à offrir davantage de transparence sur les liens entre l'industrie pharmaceutique et les experts qui évaluent les médicaments. Certaines dispositions de ce projet sont remises en cause par le LEEM (groupement professionnel des entreprises du médicament), notamment les règles régissant la visite médicale et les conditions plus restrictives d'obtention des autorisations temporaires d'utilisation.