Les marchés américains devraient ouvrir à proximité de l'équilibre. Les futures sur indices ont bénéficié de la publication de statistiques économiques meilleures que prévu. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont nettement reculé tandis que les permis de construire et les mises en chantier ont été plus nombreux que prévu. Sur le plan des valeurs, les publications des groupes technologiques, Applied Materials et Netapp ont déçu. A quelques minutes de la cloche, les futures sur le S&P 500 s'effritent de 0,04% à 1230,50 pts tandis que ceux sur le Nasdaq 1000 grappillent 0,04% à 2314,75 pts.
Hier à Wall Street
Les marchés actions américains ont creusé leurs pertes en fin de séance, pénalisés par la crise de la dette en Europe. Les investisseurs estiment qu'après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, la France pourrait être la nouvelle victime des marchés. Pour preuve, l'écart de rendement entre les dettes française et allemande se rapproche des 200 points de base, niveau qu'il n'avait pas atteint depuis le début des années 1990. Le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,58% à 11 905,59 points tandis que le Nasdaq Composite a cédé 1,73% à 2 639,61 points.
Les chiffres macroéconomiques
388 000 inscriptions au chômage ont été enregistrées lors de la semaine du 12 novembre. Il s'agit du niveau le plus faible depuis la semaine du 2 avril. Le consensus Reuters était de 395 000. Le chiffre de la semaine précédente a été révisé de 390 000 à 393 000.
653 000 permis de construire ont été enregistrés en octobre, ce qui est plus que prévu. Le consensus Reuters s'élevait à 603 000. 589 000 permis de construire avait été attribués en septembre. Les mises en chantier se sont élevées à 628 000 pour le même mois, à comparer avec un consensus de 610 000 et 630 000 en septembre.
L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie de novembre sera publié à 16 heures.
Les valeurs à suivre
APPLIED MATERIALS
Le fabricant des équipements nécessaires à la production de puces électroniques, d'écrans ou de panneaux solaires, Applied Materials, a présenté des résultats et prévisions décevants. Au quatrième trimestre, clos fin octobre, le groupe a réalisé un résultat net de 456 millions de dollars, soit 34 cents par action, contre 468 millions de dollars, ou 35 cents par action, un an plus tôt. Le bénéfice par action, hors éléments exceptionnels, a atteint 21 cents, soit 2 cents de mieux que prévu par les analystes. Le chiffre d'affaires a progressé de 24% à 2,18 milliards de dollars.
Google a lancé un service de vente de musique en ligne, baptisé Google Music, qui proposera plus de 13 millions de titres. Ce service regroupera les catalogues d'EMI, de Sony Music, d'Universal Music et de Vivendi. En revanche, Google ne propose pas celui de Warner Music. Selon des analystes cités par Reuters, cette manoeuvre viserait à proposer une alternative à l'iTunes d'Apple, intégré à l'iPhone et à l'iPad. Elle permettrait aussi de favoriser l'implantation de son système d'exploitation Android.
LIMITED BRANDS
Limited Brands a fait état d'un bénéfice net supérieur aux attentes, soutenu par une hausse des ventes de sa chaîne de lingerie Victoria's Secret et des réductions de coûts. Au troisième trimestre, le groupe a réalisé un bénéfice net en hausse de 22% à 94,3 millions de dollars, ou 31 cents par action. Hors éléments exceptionnels, le BPA ressort à 25 cents, contre un consensus de 24 cents. Le chiffre d'affaires a progressé de 10% à 2,17 milliards. Mais Limited Brands a dévoilé des prévisions inférieures aux attentes pour son quatrième trimestre.
NETAPP
Le spécialiste du stockage informatique NetApp est attendu en nette baisse en raison de ses ventes et de ses perspectives décevantes. Au deuxième le trimestre, clos fin octobre, le bénéfice net a atteint 165,6 millions de dollars, soit 44 cents par action, contre 175,4 millions de dollars, ou 45 cents par action, un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action est ressorti à 63 cents, surpassant de 3 cents le consensus FactSet. Le chiffre d'affaires a augmenté de 20% à 1,507 milliard de dollars. Wall Street attendait mieux 1,55 milliard de dollars.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LEXIQUE
Demandes hebdomadaires d'allocation chômage : Cette statistique américaine, qui est publiée chaque jeudi à 14h30, donne le nombre de nouvelles demandes d'allocation chômage sur la semaine se terminant le samedi précédent. Elle est un indicateur de la santé du marché de l'emploi aux Etats-Unis, mais est cependant volatile. Il est plus pertinent de surveiller son évolution sur plusieurs semaines. Les économistes surveillent ainsi la moyenne mobile de cette donnée sur quatre semaines.
Prix à la production : ils mesurent l'évolution des prix de gros, les services ne sont pas compris. Trois catégories sont distinguées : les biens bruts, les biens intermédiaires et les produits finis. Le marché s'intéresse à l'indice des produits finis. Comme pour les prix à la consommation, la primauté est accordée à l'indice prix à la production «core», c'est-à-dire hors énergie et alimentation, qui donne une meilleure idée des tensions sous-jacentes.
Il est théoriquement un précurseur de l'indice des prix à la consommation. La hausse ou la baisse des prix de gros devant un moment ou à un autre être transférée au consommateur. Toutefois, en fonction de la situation concurrentielle, cette liaison est loin d'être évidente.
Ventes au détail : Ces chiffres sont très suivis par les économistes car les ventes au détail constituent une part importante de la consommation des ménages. Aux Etats-Unis, elles représentent ainsi le tiers de la consommation qui est la principale composante du PIB. Ils permettent également de valider ou relativiser les indications de l'indice de confiance des ménages du Conference Board.
Outre Atlantique ce rapport est publié par le département américain du commerce qui donne une estimation du total des ventes au détail (y compris celles des produits alimentaires) réalisées sur un mois, d'après un échantillon de 5000 établissements détaillants.
Inflation : L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l'Indice des prix à la consommation (IPC).
D'une manière générale, une forte inflation profite au débiteur, tandis que le créditeur en pâtit. Pour jauger l'inflation, les banques centrales s'intéressent à l'indice des prix à la consommation sous-jacent, c'est-à-dire hors les éléments volatils que sont l'énergie et l'alimentation. On parle alors d'indice des prix à la consommation «core». La Fed privilégie l'indice PCE «core» qui mesure l'évolution des prix liés à la consommation des ménages. Le niveau d'inflation considéré comme acceptable par la BCE est de 2 % l'an.
Production industrielle : il s'agit d'un indice qui mesure les quantités produites dans les entreprises qui exercent leur activité dans des usines, des chantiers, des carrières et des mines. Les secteurs primaire (agriculture, pêche et sylviculture) et tertiaire (transports, commerces, services et administrations) ne sont pas pris en compte. En France, la production industrielle représente 20% du PIB. La production manufacturière correspond à la production industrielle, hors énergie, mais comprend les industries agroalimentaires.