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Analyse AOF clôture Wall Street - L'Europe fait plier les marchés

Jeudi 17 Nov 2011 à 08:15

Les marchés actions américains ont creusé leurs pertes en fin de séance, pénalisés par la crise de la dette en Europe. Les investisseurs estiment qu'après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, la France pourrait être la nouvelle victime des marchés. Pour preuve, l'écart de rendement entre les dettes française et allemande se rapproche des 200 points de base, niveau qu'il n'avait pas atteint depuis le début des années 1990. Le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,58% à 11 905,59 points tandis que le nasdaq composite a cédé 1,73% à 2 639,61 points.

Dell s'est replié de 3,2% à 15,13 dollars, les investisseurs sanctionnant un chiffre d'affaires et des perspectives d'activité décevants. Le fabricant de PC a en revanche dévoilé des bénéfices plus élevés que prévu, récoltant les fruits de son recentrage vers des activités à plus forte marge. Il a notamment élagué certaines activités trop peu rentables. JPMorgan regrette justement que cet élagage ne soit pas fini pour que Dell puisse afficher une croissance égale ou supérieure à celle du secteur. Des commentaires qui font écho à ceux de Credit Suisse, également négatif sur la valeur.

Les chiffres économiques du jour

Les prix à la consommation ont reculé de 0,1% en octobre aux Etats-Unis. Les économistes interrogés par Thomson Reuters anticipaient en moyenne une stabilité des prix. Hors les éléments volatils que sont l'énergie et l'alimentation, les prix ont augmenté de 0,1%, en ligne avec les attentes.

La production industrielle a augmenté de 0,7% en octobre, ce qui est supérieur au consensus Reuters de +0,4%. Le chiffre de septembre a été révisé de +0,2% à -0,1%. Le taux d'utilisation des capacités de production est ressorti à 77,8% en octobre, contre 77,3% en septembre.

Les valeurs à suivre aujourd'hui

ABERCROMBIE

Abercrombie a publié des résultats trimestriels décevants et est attendu en nette baisse à Wall Street. Au troisième trimestre, la célèbre marque branchée a réalisé un bénéfice net de 50,9 millions de dollars, ou 57 cents par action, contre un bénéfice de 50,04 millions d'euros ou 56 cents par action un an plus tôt. Le consensus FactSet était de 72 cents. Le chiffre d'affaires a progressé de 21% à 1,076 milliards de dollars. A surface comparable, les ventes ont progressé de 7%.

CITIGROUP

Citigroup envisagerait de supprimer 3 000 postes pour réduire les coûts, selon la presse américaine. Ce chiffre représenterait environ 1% de la masse salariale du groupe bancaire américain. Parmi eux, 900 suppressions concerneraient la division banque d'investissement, selon le Wall Street Journal. Au troisième trimestre, Citigroup a publié une hausse de 74% de ses bénéfices.

DELL

Dell a dévoilé un bénéfice par action meilleur que prévu au troisième trimestre, mais des ventes décevantes. Sur cette période, le bénéfice net du fabricant de PC a progressé de 9% à 893 millions de dollars, soit 49 cents. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action s'est élevé à 54 cents, supérieur de 7 cents au consensus Thomson Reuters. Le chiffre d'affaires est, lui, resté stable à 15,365 milliards de dollars. Wall Street était plus optimiste et visait 15,65 milliards de dollars.

TARGET

Le second plus important distributeur discount des Etats-Unis, Target, a présenté des résultats meilleurs que prévu au troisième trimestre, clos octobre. Son résultat net s'est élevé à 555 millions de dollars, soit 82 cents par action, contre un bénéfice net de 535 millions de dollars, ou 74 cents par action, un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint 87 cents. Le consensus Thomson Reuters s'élevait à 74 cents. Le chiffre d'affaires a atteint 16,054 milliards de dollars, en hausse de 5,4%. Les ventes à surface comparable ont progressé de 4,3%.

AOF - EN SAVOIR PLUS

LEXIQUE

production industrielle : il s'agit d'un indice qui mesure les quantités produites dans les entreprises qui exercent leur activité dans des usines, des chantiers, des carrières et des mines. Les secteurs primaire (agriculture, pêche et sylviculture) et tertiaire (transports, commerces, services et administrations) ne sont pas pris en compte. En France, la production industrielle représente 20% du PIB. La production manufacturière correspond à la production industrielle, hors énergie, mais comprend les industries agroalimentaires.

inflation : L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l'Indice des prix à la consommation (IPC).

D'une manière générale, une forte inflation profite au débiteur, tandis que le créditeur en pâtit. Pour jauger l'inflation, les banques centrales s'intéressent à l'indice des prix à la consommation sous-jacent, c'est-à-dire hors les éléments volatils que sont l'énergie et l'alimentation. On parle alors d'indice des prix à la consommation «core». La Fed privilégie l'indice PCE «core» qui mesure l'évolution des prix liés à la consommation des ménages. Le niveau d'inflation considéré comme acceptable par la BCE est de 2 % l'an.

Ventes au détail : Ces chiffres sont très suivis par les économistes car les ventes au détail constituent une part importante de la consommation des ménages. Aux Etats-Unis, elles représentent ainsi le tiers de la consommation qui est la principale composante du PIB. Ils permettent également de valider ou relativiser les indications de l'indice de confiance des ménages du Conference Board.

Outre Atlantique ce rapport est publié par le département américain du commerce qui donne une estimation du total des ventes au détail (y compris celles des produits alimentaires) réalisées sur un mois, d'après un échantillon de 5000 établissements détaillants.

Prix à la production : ils mesurent l'évolution des prix de gros, les services ne sont pas compris. Trois catégories sont distinguées : les biens bruts, les biens intermédiaires et les produits finis. Le marché s'intéresse à l'indice des produits finis. Comme pour les prix à la consommation, la primauté est accordée à l'indice prix à la production «core», c'est-à-dire hors énergie et alimentation, qui donne une meilleure idée des tensions sous-jacentes.

Il est théoriquement un précurseur de l'indice des prix à la consommation. La hausse ou la baisse des prix de gros devant un moment ou à un autre être transférée au consommateur. Toutefois, en fonction de la situation concurrentielle, cette liaison est loin d'être évidente.

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