Les marchés américains devraient ouvrir sur une note négative ; la crise de la dette en Europe continuant d'être le principal souci des investisseurs. Ces derniers ont également été chagrinés par certaines publications résultats de sociétés, celles du fabricant de PC Dell et du distributeur de sportswears, Abercrombie & Fitch. La première statistique économique du jour - l'inflation - est elle ressortie en ligne avec les attentes. 30 minutes avant la cloche, les futures sur le S&P 500 et le nasdaq 100 perdent 1,06% à 1240,75 points et 0,61% à 2345,25 points.
Hier à Wall Street
Les marchés actions américains ont terminé en hausse la séance de mardi. La tendance a été soutenue par les valeurs technologiques, avec notamment des hausses de Microsoft et Apple, qui ont été favorisés par une prise de participation dans les deux groupes par Soros Fund Management et par le fonds Greenlight Capital. Les indicateurs mitigés publiés hier ont par ailleurs été relativement bien accueillis par les marchés. Les indices Dow Jones et Nasdaq ont progressé respectivement de 0,14% à 12 096,16 points et de 1,09% à 2 686,20 points.
Les chiffres macroéconomiques
Les prix à la consommation ont reculé de 0,1% en octobre aux Etats-Unis. Les économistes interrogés par Thomson Reuters anticipaient en moyenne une stabilité des prix. Hors les éléments volatils que sont l'énergie et l'alimentation, les prix ont augmenté de 0,1%, en ligne avec les attentes.
La production industrielle et le taux d'utilisation des capacités de production pour octobre sont attendus à 15h15 et l'indice NAHB de la confiance des constructeurs immobiliers pour novembre à 16 heures.
Les valeurs à suivre
ABERCROMBIE
Abercrombie a publié des résultats trimestriels décevants et est attendu en nette baisse à Wall Street. Au troisième trimestre, la célèbre marque branchée a réalisé un bénéfice net de 50,9 millions de dollars, ou 57 cents par action, contre un bénéfice de 50,04 millions d'euros ou 56 cents par action un an plus tôt. Le consensus FactSet était de 72 cents. Le chiffre d'affaires a progressé de 21% à 1,076 milliards de dollars. A surface comparable, les ventes ont progressé de 7%.
CITIGROUP
Citigroup envisagerait de supprimer 3 000 postes pour réduire les coûts, selon la presse américaine. Ce chiffre représenterait environ 1% de la masse salariale du groupe bancaire américain. Parmi eux, 900 suppressions concerneraient la division banque d'investissement, selon le Wall Street Journal. Au troisième trimestre, Citigroup a publié une hausse de 74% de ses bénéfices.
DELL
Dell a dévoilé un bénéfice par action meilleur que prévu au troisième trimestre, mais des ventes décevantes. Sur cette période, le bénéfice net du fabricant de PC a progressé de 9% à 893 millions de dollars, soit 49 cents. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action s'est élevé à 54 cents, supérieur de 7 cents au consensus Thomson Reuters. Le chiffre d'affaires est, lui, resté stable à 15,365 milliards de dollars. Wall Street était plus optimiste et visait 15,65 milliards de dollars.
TARGET
Le second plus important distributeur discount des Etats-Unis, Target, a présenté des résultats meilleurs que prévu au troisième trimestre, clos octobre. Son résultat net s'est élevé à 555 millions de dollars, soit 82 cents par action, contre un bénéfice net de 535 millions de dollars, ou 74 cents par action, un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint 87 cents. Le consensus Thomson Reuters s'élevait à 74 cents. Le chiffre d'affaires a atteint 16,054 milliards de dollars, en hausse de 5,4%. Les ventes à surface comparable ont progressé de 4,3%.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LEXIQUE
Ventes au détail : Ces chiffres sont très suivis par les économistes car les ventes au détail constituent une part importante de la consommation des ménages. Aux Etats-Unis, elles représentent ainsi le tiers de la consommation qui est la principale composante du PIB. Ils permettent également de valider ou relativiser les indications de l'indice de confiance des ménages du Conference Board.
Outre Atlantique ce rapport est publié par le département américain du commerce qui donne une estimation du total des ventes au détail (y compris celles des produits alimentaires) réalisées sur un mois, d'après un échantillon de 5000 établissements détaillants.
Prix à la production : ils mesurent l'évolution des prix de gros, les services ne sont pas compris. Trois catégories sont distinguées : les biens bruts, les biens intermédiaires et les produits finis. Le marché s'intéresse à l'indice des produits finis. Comme pour les prix à la consommation, la primauté est accordée à l'indice prix à la production «core», c'est-à-dire hors énergie et alimentation, qui donne une meilleure idée des tensions sous-jacentes.
Il est théoriquement un précurseur de l'indice des prix à la consommation. La hausse ou la baisse des prix de gros devant un moment ou à un autre être transférée au consommateur. Toutefois, en fonction de la situation concurrentielle, cette liaison est loin d'être évidente.
Indice de la Fed de l'Etat de New York (New York Empire State Index) : cet indicateur de faible importance pour les marchés est établi sur la base d'une enquête réalisée auprès d'une centaine de cadres dirigeants du secteur manufacturier de la région de New York. Ils sont interrogés sur leur situation actuelle et sur leurs perspectives à six mois.
inflation : L'inflation est la hausse du niveau général des prix, entraînant une baisse durable du pouvoir d'achat de la monnaie. Elle est généralement évaluée au moyen de l'Indice des prix à la consommation (IPC).
D'une manière générale, une forte inflation profite au débiteur, tandis que le créditeur en pâtit. Pour jauger l'inflation, les banques centrales s'intéressent à l'indice des prix à la consommation sous-jacent, c'est-à-dire hors les éléments volatils que sont l'énergie et l'alimentation. On parle alors d'indice des prix à la consommation «core». La Fed privilégie l'indice PCE «core» qui mesure l'évolution des prix liés à la consommation des ménages. Le niveau d'inflation considéré comme acceptable par la BCE est de 2 % l'an.