En annonçant que son activité aéroportuaire ne serait finalement pas vendue avant la fin de l'année, le groupe de BTP allemand Hochtief, filiale de l'espagnol ACS, a fortement déçu les investisseurs : à Francfort, l'action chute de 10% à 46,05 euros. Les conséquences de ce décalage sont lourdes pour les comptes. Le groupe devrait en effet enregistrer une perte nette en 2011 d'un montant estimé à 100 millions d'euros. Malgré ce retard, imputé à la situation macroéconomique, Hotchief reste déterminé à mener à bien l'opération en 2012.
"Les acheteurs continuent de montrer des signes d'intérêt pour notre activité aéroportuaire. Les ventes et le nombre de passagers enregistrés dans nos aéroports ont augmenté en 2011", a déclaré le directeur général du groupe Franck Stieler.
Selon des sources proches du dossier, la cession de l'activité aéroportuaire a été pénalisée par l'aggravation de la crise de la dette souveraine en Europe qui n'incitent pas les groupes à se lancer dans de vastes opérations.
Selon Bloomberg, Vinci et le chinois HNA figureraient parmi les candidats potentiels. Mais les discussions achopperaient sur le prix. Vindi et HNA proposeraient chacun un peu plus d'un milliard d'euros, soit bien moins que le montant d'1,6 milliard espéré par Hochtief.
Au troisième trimestre 2011, le groupe a réalisé un bénéfice courant de 333 millions et un bénéfice net de 98,7 millions. Les analystes interrogés par Reuters visaient en moyenne un bénéfice courant de 340 millions. Pour 2011 Hohtief s'attend à "des résultats opérationnels robustes" d'environ 100 millions d'euros, à une perte courante "dans le bas d'un montant à deux chiffres en millions d'euros" et à une perte nette d'environ 100 millions d'euros.
Pour 2012, la filiale du géant espagnol ACS mise sur un bénéfice courant "significativement supérieur" à celui enregistré en 2010. Enfin, Hotchief a réitéré sa prévision 2013 d'un bénéfice courant supérieur à 1 milliard d'euros et d'un bénéfice net d'environ 450 millions.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Construction - BTP
La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) est pessimiste pour les mois à venir. Elle estime que le nombre de logements neufs commercialisés pourrait passer sous la barre des 100 000 en 2011, contre 115 000 en 2010 et 106 000 en 2009. Quant à la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), elle craint que le relèvement de la TVA à 5,5% sur les travaux d'entretien-amélioration pénalise l'activité du secteur. Selon la Capeb, le relèvement de ce taux dans le bâtiment entraînerait une perte de chiffre d'affaires de 4,8 MdEUR et la disparition de 40 000 emplois. A cela s'ajoutent d'autres menaces : l'alourdissement de la taxation des plus-values immobilières des résidences secondaires et des logements locatifs, et la réduction du crédit d'impôt-développement durable pour les résidences principales. La confédération confirme pour le moment la prévision d'une progression de l'activité de 2,9% en 2011, revue à la hausse en juillet. Elle ferait suite à un recul de 2,5% en 2010.