Ingenico (+2,24% à 30,17 euros) affiche l'une des plus fortes hausses du SBF 120 après avoir annoncé le lancement d'un OPA amicale sur Xiring. Ce dernier est le leader français dans les équipements qui permettent notamment aux professionnels du secteur de la santé de mettre à jour les cartes Vitale et d'accéder aux informations personnelles des patients. Le spécialiste des terminaux de paiement propose 17 euros par action en numéraire, soit une prime de 24% par rapport au cours de clôture de vendredi. Xiring est ainsi valorisé 67,7 millions d'euros.
L'offre sera ouverte du 16 au 29 novembre 2011 et sera financée sur les fonds propres du groupe.
La réalisation de l'opération est soumise à l'atteinte du seuil de 66,67% des droits de vote. Ingenico peut déjà compter sur les 31,7% du capital détenus par les fonds gérés par Seventure Partners, le PDG Georges Liberman et l'équipe de management, qui se sont engagés à apporter leurs actions à l'offre. Le conseil d'administration de Xiring a par ailleurs recommandé aux actionnaires d'apporter leurs titres, le projet étant jugé « conforme à l'intérêt de la société, de ses actionnaires et de ses salariés ».
La transaction envisagée aura un impact positif sur l'Ebitda consolidé d'Ingenico dès l'intégration de Xiring prévue dans les comptes au 31 décembre 2011. Le groupe a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 20,6 millions d'euros pour une marge d'Ebitda de 23,6%.
Cheuvreux souligne que cette transaction est conforme à la stratégie d'Ingenico visant à se renforcer dans les services et à accroître la proportion de ses revenus récurrents liés aux transactions.
AOF - EN SAVOIR PLUS
Les points forts de la valeur
- Ingenico est le leader des solutions de paiement sécurisées avec une gamme complète de produits et une présence mondiale ;
- La stratégie d'Ingenico depuis deux ans est d'arriver à trouver les moyens d'aller vers un modèle économique de rémunération sur le volume de transactions plutôt que sur la rémunération des ventes de terminaux ; d'où une incursion progressive dans les services de paiement, activité plus margée ;
- La part de l'activité Services doit ainsi passer de 20% du CA en 2009 à 40% en 2013. Cela devrait s'accompagner d'une revalorisation en Bourse ;
- La poursuite de la migration vers la nouvelle norme de carte à puce EMV (Europay MasterCard Visa) mais aussi la forte croissance de secteurs en devenir, comme le commerce mobile sécurisé et l'identité électronique, ainsi que l'équipement rapide des pays émergents, soutiennent la croissance du groupe ;
- L'acquisition, en 2008, de 55% du chinois Fujian Landi a permis à Ingenico de se positionner sur un marché qui affiche une croissance des ventes de 20% par an ;
- Le groupe bénéficie d'une forte capacité d'innovation ;
- La stratégie du groupe est considérée comme lisible ;
- La situation financière est saine.
Les points faibles de la valeur
- La visibilité reste faible sur la reprise des commandes des grands comptes ;
- Les synergies attendues de l'acquisition d'Easycash dans les services de paiement ne sont pas encore chiffrées ;
- A terme, les opérateurs télécoms, qui souhaitent faire du téléphone portable un moyen de paiement, pourraient représenter une menace pour le groupe.
Comment suivre la valeur
- Si le marché américain est porteur dans le domaine des terminaux de paiement, l'exposition du groupe à cette zone lui confère une sensibilité au dollar ;
- Le groupe se dit prêt à réaliser de nouvelles opérations de croissance externe ;
- Le capital pourrait évoluer comme l'a démontré la spéculation de décembre 2010.
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Informatique - SSII
D'après les données du Syntec numérique, représentant la profession, le marché français de l'informatique devrait croître de 3,5% en 2011 (contre -4% en 2009 et +1,5% en 2010). Bénéficiant d'une meilleure visibilité, les SSII françaises sont tentées par la croissance externe pour se spécialiser, notamment dans le «cloud computing» (informatique à distance). L'objectif de ces opérations n'est plus la course à la taille critique, comme durant la décennie précédente, mais plutôt la spécialisation. Atos vient de finaliser le rachat de l'informatique de Siemens (SIS), qu'il a acquis en décembre dernier pour 850 MEUR. Selon le dirigeant du groupe, Thierry Breton, cette opération relève d'un projet industriel grâce auquel Atos sera doté d'environ 40 centres de données abritant plus de 90 000 serveurs dans le monde. Capgemini a quant à lui réalisé six acquisitions depuis le début de l'année, souhaitant se distinguer de ses concurrents en acquérant de nouvelles compétences.