Boeing affiche la plus forte hausse du Dow Jones, avec un gain de 2,36% à 68,50 dollars. Battu largement sur le plan commercial lors du salon du Bourget en juin, Boeing espère bien tenir sa revanche sur Airbus avec le salon de Dubaî, qui a ouvert ses portes dimanche. Le constructeur aéronautique américain a frappé fort en annonçant dès le premier jour la plus importante commande civile en valeur de son histoire de la part de d'Emirates : 50 long-courriers 777-300 d'une valeur totale de 18 milliards de dollars.
La compagnie aéronautique de Dubaî a également signé des options pour 20 appareils supplémentaires représentant une valeur de 8 milliards de dollars. La principale division d'EADS a répliqué en annonçant l'augmentation de la commande d'Alafco, société internationale de financement et de leasing d'avions basée au Koweît. Elle a finalisé une commande portant sur l'acquisition de 50 appareils de la famille A320neo pour 4,6 milliards de dollars, après avoir conclu au Bourget en juin un accord initial sur 30 appareils. Alafco a également pris des options sur 30 appareils supplémentaires.
Les deux constructeurs aéronautiques compte profiter des perspectives attrayantes du Moyen-Orient, grâce notamment à son rôle de plate-forme de correspondance entre l'Asie et l'Europe. Selon Reuters, Boeing évalue la demande sur les 20 prochaines années à 2 225 avions, soit 450 milliards de dollars. Son concurrent européen table, lui, sur 1 921 avions passagers pour une valeur de 347,4 milliards de dollars.
AOF - EN SAVOIR PLUS
LE SECTEUR DE LA VALEUR
Transport aérien
Face aux incertitudes liées à l'avenir du trafic aérien dans un contexte de crise, les restructurations et réductions de coûts sont à l'ordre du jour pour les compagnies aériennes européennes. Air France-KLM, qui doit non seulement affronter un environnement difficile, mais aussi une dette élevée (près de 6 MdEUR) et une concurrence des compagnies «low cost» sur le moyen-courrier et des compagnies du Golfe sur le long-courrier, devrait prendre des mesures drastiques d'économies. Le gel des embauches, décidé en 2008, doit déjà être maintenu. Il s'agirait d'accroître encore les réductions de coûts prévues par l'actuel plan Challenge 2012, qui visait à économiser 470 MEUR en 2011. Quant à Lufthansa, elle cherche à céder sa filiale britannique déficitaire BMI. Un durcissement du plan d'économies a déjà été annoncé. Son nouveau patron, Christoph Franz, a entamé une révision stratégique en réorientant les efforts en direction de la clientèle de loisirs au détriment de la clientèle d'affaires.
Aéronautique - Défense
Les compagnies aériennes américaines s'apprêtent à renouveler leur flotte vieillissante, ce qui représente une formidable opportunité pour Airbus et Boeing. En effet, les moyens et longs courriers détenus par American Airlines, delta et United, qui a fusionné avec Continental, appartiennent à l'ancienne génération d'appareils, très gourmands en carburant. Ils sont également de plus en plus chers à entretenir. Les experts estiment que 5 000 appareils devraient être remplacés à court terme, dont 70% aux Etats-Unis. Ce pic de commandes aux Etats-Unis devrait générer un pic de livraisons en 2016. Sur les 460 moyen-courriers «économes» commandés par American Airlines, 260 ont concerné l'Airbus A320 et 200 le Boeing 737. Cela représente la plus grosse commande de l'histoire de l'aviation. Air France-KLM a également choisi d'opter pour des appareils moins gourmands en carburant. La compagnie a commandé autant d'avions à Airbus et Boeing (25 chacun), pour un prix catalogue de 12 MdUSD. Cette commande ferme est assortie d'options d'achat pour 60 autres avions.