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La zone euro a gagné du temps mais la sortie de crise reste incertaine

Dimanche 30 Oct 2011 à 12:10

Plus de deux cent milliards pour la Grèce, mille pour la zone euro: les mesures exceptionnelles prises cette semaine vont donner un répit à l'Union monétaire, mais elle est loin d'avoir résolu la crise de la dette et sa tâche sera compliquée par le ralentissement de l'économie.

La réaction euphorique des marchés jeudi, au lendemain du sommet des dirigeants de la zone euro, a montré que ceux-ci avaient réussi, au moins à court terme, à éloigner les craintes d'un effondrement de la monnaie commune.

Les mesures annoncées vont en effet beaucoup plus loin que celles promises à l'issue du sommet du 21 juillet, déjà censé apporter des réponses à la crise grecque. A l'époque elle avaient eu l'effet d'un pétard mouillé.

Les banques se sont engagées à renoncer à la moitié de leurs créances sur la dette grecque contre 21% à l'époque, l'aide publique à Athènes a été relevée, le Fonds censé venir en aide aux pays en difficulté de la zone euro (FESF) disposera de 1.000 milliards d'euros au lieu de 440 milliards, les banques seront recapitalisées et la discipline budgétaire européenne renforcée.

Mais ce plan suscite de nombreuses interrogations: quel va être le degré effectif de participation volontaire des banques à la réduction de la dette grecque? L'exigence de recapitalisation des établissements financiers ne va-t-il pas les conduire à réduire leurs encours de crédit au lieu d'injecter des liquidités dans l'économie? Le FESF attirera-t-il suffisamment d'investisseurs pour fonctionner à pleine capacité?

Sur ce dernier point, la Chine a indiqué vendredi qu'elle attendait des clarifications avant de s'engager à investir dans le nouveau mécanisme du Fonds destiné à accueillir les contributions des pays émergents.

Mais surtout: les marchés peuvent-ils retrouver confiance dans la zone euro si la Grèce s'enfonce un peu plus dans la récession, si l'Italie s'avère incapable de réduire sa dette colossale et si le ralentissement économique complique encore la réduction des déficits?

En Grèce, les banques devront renoncer à 100 milliards d'euros sur les 350 milliards de dette du pays. L'objectif est de ramener son taux d'endettement à 120% du PIB en 2020 contre 165% prévu fin 2011.

A cela s'ajouteront cent milliards d'euros de prêts de l'Europe et du FMI, ainsi que 30 milliards d'euros de garanties du FESF aux banques créancières de la Grèce qui acceptent la "décote": soit un effort total de 230 milliards d'euros.

Mais même si le gouvernement réussit à convaincre ses créanciers, la Grèce, contrainte à une austérité maximale, risque de s'enliser dans la récession.

Dans ce cas "la dette sera beaucoup plus importante que 120% en 2020 et par conséquent, de nouvelles restructurations ou un nouveau défaut grec restent très probables à l'avenir", écrit Jonathan Loynes, analyste à Capital Economics.

"Les problèmes structurels en matière de croissance et de consolidation budgétaire demeurent énormes en Grèce", souligne Guntram Wolff, du centre de réflexion Bruegel.

L'Italie est elle aussi au centre des attentions. Si les partenaires européens du chef du gouvernement Silvio Berlusconi ont paru satisfaits des réformes qu'il leur a présentées mercredi, notamment un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans, les investisseurs restent sceptiques sur leur mise en oeuvre: vendredi, les taux d'intérêt auxquels l'Italie finance sa dette publique ont grimpé.

L'Espagne fait aussi partie des pays auxquels des efforts ont été demandés pour relancer la croissance, mais les grandes économies de la zone euro n'offrent pas non plus de perspectives flamboyantes: en France, le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi une révision drastique de la prévision de croissance pour 2012, ramenée de 1,75% à 1%, --comme en Allemagne--, avec à la clé un nouveau plan d'austérité de 6 à 8 milliards d'euros.

"Nous nous attendons toujours à ce que la crise provoque une récession prolongée et à ce que la zone euro dans sa forme actuelle finisse par disparaître", écrit, pessimiste, Jonathan Loynes.

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