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Sarkozy: "un assez large accord" se dessine sur le renforcement du FESF

Dimanche 23 Oct 2011 à 19:10

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé dimanche qu'"un assez large accord" se dessinait sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) censé endiguer la crise de la dette, objet de fortes divergences ces derniers jours entre Paris et Berlin.

S'exprimant en marge du premier de deux sommets des dirigeants européens consacrés à la zone euro à Bruxelles, il a souhaité qu'un "accord qui apaise la crise" soit trouvé mercredi, lors de la deuxième réunion.

Concernant le renforcement du pare-feu, le FESF, qui doit éviter la contagion à l'Italie et à l'Espagne, "un assez large accord est en train de se dessiner", a déclaré le président français, tout en prévenant qu'il faudrait "encore de longues heures de discussion".

"Les ministres des Finances (européens) ont envisagé deux modèles hier, les deux n'englobent pas la Banque centrale européenne car les traités (européens) ne le permettent pas", a précisé la chancelière allemande Angela Merkel, lors de la même conférence de presse.

C'est une défaite pour la France qui militait activement en faveur d'une implication de l'institut monétaire pour démultiplier les capacités du FESF sans que les Etats soient dans l'obligation de réalimenter le pot. L'idée était de le transformer en banque pour qu'il puisse emprunter à la BCE.

"Ce n'est pas aux chefs d'Etat et de gouvernement de donner quelque instruction que ce soit" à la BCE, qui est "indépendante, mais "aucune solution n'est viable si elle n'a pas le soutien de toutes les institutions européennes", a souligné Nicolas Sarkozy.

Selon une source proche des négociations, il y a toujours des blocages sur les modalités de renforcement du fonds de secours.

Les deux options retenues consistent d'une part à permettre au FESF de garantir une partie des obligations émises par les Etats fragiles, afin d'attirer des acheteurs, d'autre part à créer un fonds spécial adossé probablement au Fonds monétaire international (FMI) et abondé sur la base du volontariat, par exemple par les pays émergents. Ces deux options "sont cumulatives, ce n'est pas l'une ou l'autre mais plutôt l'une et l'autre", a expliqué la source proche des négociations.

Un accord sur la seconde option ne pourra être trouvé qu'au sommet du G20 à Cannes (France) début novembre, avec les autres pays riches et émergents.

La réponse européenne à la crise se veut en trois temps: faire accepter aux banques créancières de la Grèce des pertes d'au moins 50%; les recapitaliser en contrepartie; renforcer le FESF.

Au sujet de la recapitalisation, "les ministres des Finances se sont largement mis d'accord", a assuré Angela Merkel.

Selon une source proche des négociations, l'Italie, l'Espagne et la Grèce redoutaient que ce soit trop coûteux pour leurs banques et leurs finances publiques et attendent donc d'avoir la certitude que le fonds de secours sera assez fort pour les aider et les protéger.

Quant à la restructuration de la dette grecque, "les négociations avec les banques viennent de débuter et il serait inutile de faire des spéculations", a estimé Mme Merkel. "C'est loin d'être fait", a commenté la source proche des discussions.

Nicolas Sarkozy a haussé le ton, estimant, au sujet des banques, que "chacun (devait) prendre ses responsabilités pour éviter la catastrophe".

Mais les deux dirigeants n'ont fourni aucune précision sur le détail des solutions envisagées. Ils ont toutefois tenu à s'afficher ensemble une nouvelle fois pour faire taire les critiques sur leurs dissensions.

"La détermination de la chancelière et de moi-même est totale pour apporter des réponses ambitieuses et durables", a insisté Nicolas Sarkozy.

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