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Crise de la dette: l'Europe encore et toujours divisée

Dimanche 18 Sep 2011 à 13:15

L'Europe s'est une nouvelle fois distinguée par ses désaccords face à la crise de la dette lors d'une réunion sous haute tension en Pologne, où aucun progrès n'a été réalisé sur l'aide à la Grèce, tandis que les relations avec Washington tournent au vinaigre.

Après ce surplace, la réaction des marchés lundi est très attendue, à l'orée d'une nouvelle semaine très importante pour la Grèce.

Ce constat d'échec a provoqué la colère de l'ancien président de la Commission européenne, le Français Jacques Delors, qui y a vu "un coup terrible" porté "à tous ceux qui depuis 1948 s'attachent à avoir une vision d'une Europe en paix et d'une Europe prospère".

Il a déploré l'inertie des responsables politiques, au moment où la situation en Grèce s'aggrave: le Premier ministre Georges Papandreou a renoncé à se rendre aux Nations unies à New York pour s'assurer que son pays remplisse les conditions fixées par les bailleurs de fonds internationaux en échange de nouveaux prêts.

"La semaine prochaine" s'annonce "particulièrement cruciale pour l'application des décisions (prises par la zone euro) et pour les initiatives que la Grèce doit entreprendre", ont indiqué ce week-end ses services.

La réunion des ministres européens des Finances qui s'est tenue à Wroclaw (Pologne) jusqu'à samedi devait permettre de surmonter les obstacles empêchant encore la concrétisation d'un second plan d'aide de près de 160 milliards d'euros à la Grèce, promis au pays le 21 juillet.

Il n'en a rien été: les ministres n'ont pas trouvé de solution sur les garanties exigées par la Finlande en échange de nouveaux prêts à Athènes.

Pis, ils ont reporté à octobre toute décision sur le versement d'une nouvelle tranche d'aide - la sixième - de 8 milliards d'euros tiré du premier plan d'aide à Athènes de mai 2010, qui a cruellement besoin de cet argent et risque sinon d'être en faillite.

Une situation qui aurait des conséquences et des "coûts dramatiques" pour la zone euro, a averti la Commission européenne.

Autre signe de désaccords: l'Europe n'a pas avancé sur la taxe sur les transactions financières, promue ardemment par Paris et Berlin.

"Il y a des divisions considérables à ce sujet", a reconnu samedi le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, car de nombreux Etats craignent que cela n'aboutisse à une fuite des transactions hors Union européenne.

Sur la question des banques, ils ont échoué à montrer un front uni. Le ministre suédois des Finances a estimé que les banques du Vieux continent avaient, de toute évidence, besoin d'être recapitalisées, abondant dans le sens du Fonds monétaire international qui a récemment jugé la situation "urgente".

A l'époque, la plupart des responsables européens étaient alors montés au créneau face au FMI pour défendre la santé de leurs établissements financiers.

En filigrane, certains ministres comme l'Espagnole Elena Salgado ont reconnu que la surveillance via les tests de résistance et le renforcement des banques était une nécessité. Reste désormais à définir sous quelle forme.

Seul point sur lequel les Européens sont parvenus à s'entendre: critiquer l'intervention du secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, convié exceptionnellement à cette réunion. Il avait à cette occasion prodigué des conseils aux Européens pour sortir de la crise, tel que donner davantage de puissance de feu à son Fonds de secours financier (FESF) pour les pays fragiles, et mettre fin à leurs divisions.

Piqués au vif, les Européens - gouvernements comme Banque centrale - ont rappelé les Etats-Unis à leur devoirs en matière budgétaire, mettant en avant leur colossale dette publique.

"Tuer le messager semble être la nouvelle stratégie" des Européens, a déploré à ce sujet, l'analyste Sony Kapoor, à la tête du centre de réflexion Re-define, jugeant les 27 chauvinistes, mesquins et indécis.

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