La Bourse de Paris devrait ouvrir en légère baisse mercredi, dans le sillage de Wall Street la veille, les marchés se montrant peu convaincus par le train de mesures annoncées par l'Allemagne et la France pour renforcer la zone euro.
Le contrat à terme sur le CAC 40 perdait 0,22% une quarantaine de minutes avant l'ouverture de la séance.
Les investisseurs étaient suspendus mardi à la rencontre à Paris entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est conclue après la clôture des marchés européens.
Voulant parler d'une seule voix, les deux pays ont annoncé une batterie de mesures: gouvernement économique de la zone euro, "règle d'or" budgétaire, taxe sur les transactions financières, convergence fiscale. Ils ont écarté en revanche un renforcement du fonds de secours européen (FESF) et la création d'euro-obligations, des mesures très attendues par les marchés.
Ces derniers se sont montrés peu emballés, à l'image de Wall Street qui a terminé en baisse mardi. Le Dow Jones a perdu 0,67% et le Nasdaq 1,24%.
L'ambiance était similaire sur les marchés asiatiques, dubitatifs sur les mesures annoncées en Europe. La Bourse de Tokyo a perdu 0,55% mercredi.
Pour Cameron Peacock, analyse chez IG Markets, "rien de très significatif n'est sorti de la rencontre Merkel-Sarkozy".
Peu de détails sur les différentes mesures envisagées ont été communiqués, ce qui laisse un sentiment de flou pour plusieurs analystes.
"C'est un peu décevant", a commenté Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities à Paris. "On parle de gouvernement économique européen, mais on met quoi dedans? Quels sont les pouvoirs de ce gouvernement? Aura-t-il le pouvoir de sanction ou celui de donner des orientations aux Etats?" s'est-il interrogé.
Sans compter que la taxe sur la transaction financière, dont les modalités n'ont pas été précisées, a été accueillie très froidement à Wall Street où les valeurs bancaires ont nettement reculé.
Au total, à l'orée d'une séance de mercredi dépourvue d'indicateurs économiques majeurs, la prudence des marchés "est clairement le signe que les opérateurs restent très méfiants, une tendance qui ne devrait probablement pas changer à court terme", pour Cameron Peacock.
VALEURS A SUIVRE
LAFARGE a annoncé la cession à l'autralien Boral de sa part dans leur coentreprise commune LBGA (Lafarge Boral Gypsum Asia) pour un montant de 429 millions d'euros.
EDENRED a annoncé la cession de sa filiale australienne Davidson Trahaire, spécialisée dans lassistance psychologique aux employés, pour 48,5 millions de dollars australiens, soit environ 35 millions deuros.
NYSE EURONEXT a vu son titre dégringoler de 8,39% mardi à la clôture à Wall Street, pénalisé par la volonté de la France et de l'Allemagne d'imposer une taxe sur les transactions financières.
RODRIGUEZ a indiqué continuer à tabler sur une "évolution positive" de son activité sur l'année, en dépit d'une chute de 38% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre (avril-juin) de son exercice décalé.