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La zone euro contrainte d'accélérer le pas face à la crise de la dette

Samedi 06 Aoû 2011 à 23:50

La trêve aura été brève pour les dirigeants de la zone euro. A peine deux semaines après un sommet extraordinaire, ils sont contraints d'accélérer la cadence face à des marchés pris de panique à cause de la crise de la dette et des craintes de ralentissement économique.

L'heure est à l'urgence d'autant plus que d'autres turbulences sont à prévoir.

L'agence de notation Standard & Poor's vient en effet de retirer le AAA des Etats-Unis, une première dans l'histoire, ce qui risque de faire encore peser une pression plus forte sur les Etats lourdement endettés.

Les conseillers et ministres des Finances du G7 devaient discuter lors d'une conférence téléphonique de la crise de la dette et de l'évolution des marchés financiers vers minuit heure italienne, soit 22H00 GMT, selon des sources du ministère italien citées par l'agence Ansa.

Le G7 rassemble les Etats-Unis l'Allemagne, le Japon, la France, le Canada, l'Italie et la Grande-Bretagne.

Ces pays pourraient envisager une action coordonnée, en faisant par exemple appel à leur banque centrale pour calmer les marchés.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn avait de son côté affirmé vendredi à Bruxelles qu'une coordination avec le G7 et le G20 était "capitale" pour résoudre la crise que traverse la zone euro.

Il avait également attribué une partie des tensions sur les marchés au débat récent sur le relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis.

Au cours d'un entretien téléphonique, le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence du tryptique G7/G8/G20, et le Premier ministre britannique David Cameron, sont convenus samedi de "l'importance d'oeuvrer ensemble, de surveiller de près la situation et de rester en contact dans les prochains jours", selon un porte-parole de Downing Street à Londres. La discussion a selon lui porté sur "la zone euro et l'abaissement de la notation américaine".

Le ministre britannique des Finances George Osborne et la directrice générale du FMI Christine Lagarde se sont également entretenus samedi "de la situation économique internationale et de son suivi". Ils "ont également évoqué l'importance pour les pays de prendre des décisions pour construire la confiance", a indiqué un porte-parole du ministère britannique.

En une semaine, la Bourse de Francfort a chuté de 13%, celle de Londres de près de 10% et celle de Paris de près de 11%. A Wall Street, l'indice Dow Jones a chuté de 5,75%, signant sa pire semaine depuis mars 2009.

Sur le marché de la dette, la prime de risque que doivent payer l'Italie et l'Espagne a atteint des records, renforçant les craintes d'une contagion de la crise.

Face à ces turbulences, M. Berlusconi a pris le taureau par les cornes en annonçant vendredi soir l'accélération des mesures d'austérité "dans le but de parvenir à l'équilibre budgétaire" dès 2013, et non plus 2014.

Une annonce propre à rassurer des marchés inquiets de ne pas voir appliquées les décisions prises par la zone euro lors de son sommet du 21 juillet.

Les dirigeants de la zone euro s'étaient mis d'accord sur un second plan d'aide à la Grèce et avaient pris des mesures afin d'empêcher une contagion de la crise, mais celles-ci doivent être approuvées par les Parlements nationaux, ce qui ne pourra se faire avant septembre. Une échéance jugée trop lointaine pour les marchés.

En outre, des blocages ne sont pas à exclure dans certains pays.

Samedi, de nouvelles divergences se faisaient jour au sein de l'Union monétaire. Le ministre allemand de l'Economie, Philipp Rösler, a fait part de son scepticisme quant à la demande du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, de réévaluer les capacités du Fonds européen de soutien, un instrument majeur pour empêcher une contagion de la crise.

Le chef de l'exécutif européen avait estimé cette semaine qu'augmenter la capacité du fonds était nécessaire pour gérer les risques de contagion.

A l'heure actuelle, ce fonds ne peut prêter que 440 milliards d'euros, un montant insuffisant pour venir en aide à l'Italie, la troisième économie de la zone euro, mais aussi son deuxième pays le plus endetté.

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