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La valeur du jour à Paris - NATIXIS soutenu après ses résultats

Vendredi 05 Aoû 2011 à 11:00

Alors que les marchés mondiaux continuent à sombrer, Natixis parvient aujourd'hui à garder la tête hors de l'eau avec une progression de 1,05% à 2,70 euros. Les investisseurs saluent la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes et la confirmation des objectifs. Natixis a publié au titre du deuxième trimestre un résultat net de 505 millions d'euros contre 447 millions attendu par les analystes. L'an dernier, le bénéfice net de la filiale de BPCE s'élevait à 522 millions d'euros. Le produit net bancaire a progressé de 3% sur la période à 1,768 milliard d'euros.

Sur le plan de la solidité financière, le ratio « core tier one » de Natixis ressort à 8,6% à la fin du mois de juin, soit une hausse de 30 points de base par rapport au 31 mars 2011. Le ratio « tier one », quant à lui, ressort à 11,6%, soit 60 points de base de plus qu'au 31 mars.

BPCE, la maison mère de Natixis, a dévoilé un produit net bancaire (PNB) de 6,116 milliards d'euros au deuxième trimestre.

Les synergies de revenus entre Natixis et les réseaux Banque Populaire et Caisse d'Epargne ont généré 424 millions d'euros de PNB supplémentaire cumulé annualisé au 30 juin 2011, a annoncé le groupe. Elles sont en avance par rapport au plan stratégique. Au total, au 30 juin 2011, les synergies de coûts s'élèvent à 564 millions d'euros, en avance sur les objectifs du plan.

Laurent Mignon, directeur général de Natixis a déclaré : « Les résultats du deuxième trimestre 2011 illustrent la solidité du modèle économique orienté vers les clients de Natixis dans un ENVIRONNEMENT marqué par une forte incertitude ». « Ces bonnes performances sont portées par l'amélioration des positions commerciales des métiers coeurs, la réduction continue du profil de risque et une progression de la contribution des réseaux de banque commerciale de BPCE », a-t-il ajouté.

AOF - EN SAVOIR PLUS

Les points forts de la valeur

- Natixis a réduit son profil de risque, depuis que sa maison-mère, la BPCE, garantit ses actifs illiquides ;

- La nouvelle direction met en oeuvre un plan de recentrage sur trois métiers stratégiques : la banque de financement et d'investissement (BFI), les services financiers spécialisés et l'épargne (assurance, banque privée et gestion d'actifs) ;

- L'un des points majeurs du plan New Deal, à l'HORIZON 2012, est le développement des synergies entre les métiers de Natixis et les réseaux de BPCE. Le groupe est en avance sur ce business plan ;

- Natixis a cédé début juillet 2010 une part significative de ses portefeuilles d'actifs illiquides non garantis par sa maison-mère. Une opération qui doit lui permettre de diminuer la volatilité de ses résultats ;

- Natixis est très peu exposé à la dette souveraine ce qui en fait une valeur défensive dans le secteur ;

- La réintégration au sein du CAC 40, le 20 septembre 2010, consacre les efforts de redressement de la nouvelle direction.

Les points faibles de la valeur

- La débâcle boursière du titre a jeté un froid auprès des investisseurs, notamment particuliers. La valeur se traite en effet très loin des 19,55 euros de son introduction en 2007 ;

- La valeur reste très volatile à l'image de l'ensemble du secteur financier ;

- Certains analystes redoutent que les réseaux au détail de la banque ne soient contraints par une croissance potentielle limitée ;

- Les inquiétudes sur le secteur sont persistantes. Même si les règles annoncées par le Comité « Bâle III » mi-septembre 2010 ont soulagé avec des ratios prudentiels dans le bas de la fourchette des attentes, les marchés s'interrogent sur la validité des stress tests (tests de résistance) menés en Europe. Certains estiment qu'ils minimisent le risque pris par certaines institutions.

Comment suivre la valeur

- Le retour sur fonds propres (ROE), qui mesure la rentabilité des banques, est l'un des ratios clé du secteur ;

- En tant que valeur financière, le titre est influencé par une série d'éléments : (i) les taux d'intérêt dont l'évolution dépend des politiques monétaires (notamment des banques centrales européenne et américaine), (ii) l'état des Bourses mondiales, qui influencera ses activités de banque de financement et d'investissement et de gestion d'actifs, (iii) les niveaux de consommation et d'épargne des ménages, qui influeront sur les performances de la banque de détail ;

- Le coût du risque reste à surveiller ;

- Surveiller également la mise en place du dispositif de « Bâle III», qui oblige les banques à augmenter leurs fonds propres pour résister aux crises. Le Comité exige que les établissements financiers affichent d'ici au 1er janvier 2019 un ratio de solvabilité Tier 1 (le noyau dur des capitaux propres des institutions financières) d'au moins 4,5%, contre 2% jusque-là. Un matelas supplémentaire de 2,5% est également exigé. Ce qui porte le pourcentage total à 7% ;

- Un dividende sera versé aux actionnaires dès le retour à la profitabilité en année pleine ;

- La valeur pourrait même alors devenir une valeur de rendement tant le nominal de son action est faible ;

- Les analystes n'excluent pas à terme un rapprochement plus ample entre Natixis et sa maison-mère, ce qui conduirait sans doute à proposer aux minoritaires un échange de son titre Natixis contre une contre-valeur en titres (avec ou sans cash) du nouvel ensemble BPCE-Natixis.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Finance - Banques

Deux changements importants vont avoir un impact sur l'avenir des banques françaises. Premièrement, elles vont être soumises à une nouvelle taxe dès l'année prochaine. La taxe bancaire, qui s'appliquera à une vingtaine de banques, établissements de crédit et entreprises d'investissement, abondera le budget de l'Etat à hauteur de 504 millions d'euros l'an prochain. A cela s'ajoutera une augmentation de la participation des établissements financiers au fonds de garantie des dépôts, à hauteur de 90 millions d'euros supplémentaires en 2011, 2012, puis 2013, soit 270 millions en tout. En 2013, les autorités estiment que plus de 1 milliard d'euros de recettes supplémentaires sera prélevé auprès des banques. De plus, de nouvelles normes prudentielles vont voir le jour avec la finalisation de l'accord Bâle III, applicable à l'horizon 2019. L'objectif est de relever de 2% à 7%, d'ici 2019, le ratio de solvabilité bancaire. Ce ratio rapporte les fonds propres d'un établissement à ses engagements dans l'économie. Plus il est élevé plus les prises de risques sont limitées.

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