L'euro a poursuivi son repli face au dollar jeudi, pénalisé par des indicateurs économiques et des craintes persistantes sur la crise de la dette dans la zone euro, même si la monnaie américaine demeurait fragilisée par l'impasse politique sur le budget du pays.
Vers 21H00 GMT (23H00 à Paris), la devise européenne valait 1,4324 dollar contre 1,4363 dollar mercredi à 21H00 GMT.
La monnaie unique européenne baissait face au yen à 111,37 yens contre 111,98 yens mercredi soir.
Le dollar reculait aussi face à la devise nippone à 77,74 yens contre 77,96 yens la veille.
"Le dollar est plus ferme et l'euro plus faible alors que l'attention du marché revient temporairement vers les problèmes de dette européens", a constaté Nick Bennenbroek, de Wells Fargo.
Signes de tension, les taux obligataires ont nettement progressé en Italie et en Espagne, deux pays dans le collimateur des investisseurs, qui redoutent une expansion de la crise de la dette en zone euro.
L'Italie a connu une adjudication difficile jeudi, voyant les taux d'emprunt bondir lors d'une émission de 7,966 milliards d'euros d'obligations à moyen et long terme.
Se sont ajoutés des indicateurs décevants: recul de l'indice de confiance des chefs d'entreprises et des consommateurs en juillet dans la zone euro pour le cinquième mois consécutif, alimentant les craintes d'un ralentissement de la croissance, ainsi qu'une légère progression du chômage en Allemagne.
L'euro avait déjà reculé mercredi sous le coup d'un nouvel abaissement de la note de la Grèce par Standard and Poor's, et de propos du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble refusant de "signer un chèque en blanc" pour le rachat d'obligations de pays en difficulté par le Fonds de secours européen (FESF).
Le dollar n'en restait pas moins sous la pression de l'impasse politique en cours à Washington, où démocrates et républicains s'affrontent sur la question du plafond de la dette et de la réduction des déficits, à cinq jours de la date fatidique après laquelle, selon le Trésor, les Etats-Unis risquent un défaut de paiement.
Les investisseurs craignent notamment que cette crise ne débouche sur un abaissement de la note des Etats-Unis par les agences d'évaluation financière, même si un accord venait à être trouvé.
Les indicateurs publiés aux Etats-Unis ont apporté toutefois un peu de réconfort jeudi, avec un recul des inscriptions hebdomadaires au chômage et une hausse des promesses de ventes de logement.
Paradoxalement, la situation de crise profitait au dollar qui retrouvait là son statut de valeur-refuge avec ce "rebond d'aversion au risque", a en outre expliqué Samarjit Shankar, de BNY Mellon.
Toutefois, avec l'euro et le dollar sous pression, "la recherche de qualité auprès d'investissements +AAA+ plus petits, sûrs, va certainement continuer. Les bénéficiaires devraient inclure le franc suisse, le dollar canadien, le dollar australien, la couronne suédoise et la couronne norvégienne", ont avancé les analystes de Nomura.
Vers 21H00 GMT, la devise helvétique montait face à la monnaie européenne à 1,1473 franc suisse pour un euro, et se stabilisait face au billet vert à 0,8010 franc suisse après être montée vers 10H00 GMT à 0,7990 franc, un nouveau sommet historique.
La livre britannique progressait face à l'euro à 87,53 pence, comme face au billet vert à 1,6361 dollar.
La devise chinoise a fini à 6,4424 yuans pour un dollar contre 6,4429 yuans la veille.
Cours de jeudi Cours de mercredi
-----------------------------------
21H00 GMT 21H00 GMT
EUR/USD 1,4324 1,4363 EUR/JPY 111,37 111,98 EUR/CHF 1,1473 1,1515 EUR/GBP 0,8753 0,8797 USD/JPY 77,74 77,96 USD/CHF 0,8010 0,8014 GBP/USD 1,6361 1,6328