Il y a quelques jours à peine, le gouvernement démissionnaire portugais qualifiait de « dernier recours » une demande d’aide à l’Union Européenne. Aujourd’hui, cette situation est devenue réalité.
Les PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne) se sont écroulés les uns après les autres, remis sur pied grâce à l’aide de l’Union Européenne, et le Portugal n’échappe pas à la règle. « Nous avons décidé aujourd'hui même d'adresser une demande d'assistance financière à la Commission » a annoncé José Socrates (photo), le Premier Ministre portugais ayant démissionné le 23 mars, dans la nuit de mercredi. Devant le rejet de son quatrième plan d’austérité, José Socrates avait alors jugé une aide internationale « inévitable ».Une situation qui l’a conduit à déposer devant la Commission de Bruxelles un document dans lequel il demandait « l'activation des mécanismes de soutien financier ». Le montant de l’aide est pour l’instant estimé entre 60 et 80 milliards d’euros, montant qui ne devrait pas être difficile à réunir avec l’intervention du FMI qui s’est déclaré « prêt à aider » le Portugal, ainsi que l’appui du Fonds Européen de Stabilité Financière disposant de 440 milliards d’euros.
L’Espagne et le Portugal se basent sur le même schéma
La décision du gouvernement à appeler à l’aide pourrait bien mettre fin à la propagation de la crise économique ayant frappé de nombreux pays européens. Dans le pire des scénarios, l’écroulement du budget portugais aurait sans aucun doute conduit l’économie espagnole à s’effondrer à son tour. Pour parer à ce désastreux scénario, le gouvernement de Luis Zapatero a mis en place au cours de ces derniers mois de nombreuses réformes du secteur bancaire, du système social, permettant ainsi de rassurer les investisseurs quant à l’avenir de l’économie ibérique. A l’instar de l’Espagne, réformer en profondeur les structures financières du pays semblerait la seule issue de secours envisageable pour le Portugal, qui souffre d’un cruel manque de compétitivité sur les marchés.
Errare Humanum Est
Pour éviter l’erreur des prêts exorbitants qui avaient écrasé les finances helléniques et irlandaises lors de leurs demandes d’un plan de soutien, l’Union Européenne a prévu des plans plus accommodants pour le remboursement du prêt. La Grèce avait en effet bénéficié d’une durée de cinq ans pour rembourser une dette de 110 milliards d’euros à un taux de 5.2%, délai trop court qui avait suscité l’inquiétude de nombre de gouvernements qui estimaient le territoire grec incapable de venir à bout de ce remboursement. Actuellement, la Grèce a encore beaucoup de mal à se sortir du bourbier financier, avec un déficit pour 2010 qui pourrait dépasser les 10%, contrairement aux 9.4% attendus. Une nouvelle qui ne fait pas le jeu du gouvernement grec, qui serait dans ce cas contraint de lancer de nouvelles mesures d’austérité, alors que l’économie du pays est déjà empêtrée dans le plan de redressement des finances publiques.
T.G