« L’Aube de l’odyssée » sonne poétiquement, pour une opération pourtant extrêmement violente. Depuis samedi, les forces de la coalition bombardent le territoire libyen, tandis que de nombreux pays se soulèvent contre ces mesures radicales.
La Libye aura résonné de coups de canons tout le week-end. Après la fausse déclaration de cessez-le feu, la communauté internationale a décidé qu’il était temps de ne plus être abreuvée de mensonges. Emmenée par un Nicolas Sarkozy déterminé, la mobilisation des pays alliés, à savoir La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l'Italie et le Canada a frappé fort, et vite. Lorsqu’un proche du Président lui confie : « tu as bien joué », le Président de la République lui répond : « je n’ai pas joué, j’y croyais ». Une conviction qui l’a poussé à prendre les armes avant les autres, emportant dans son sillage les forces militaires les plus importantes du Monde. Alors que les avions de chasse français pilonnent les forces pro-Kadhafi, les Etats-Unis se veulent prudents, mettant en œuvre « une action militaire limitée » selon les mots de Barack Obama.
L’action militaire ne fait pas l’unanimité
Partout dans le pays, les insurgés libyens sentent la victoire à portée de mains. Sur les carcasses de tanks et autres machines de guerres bombardées par les forces aériennes ou navales européennes, ils dressent le drapeau de leur pays, l’agitant sous un nouveau vent de liberté. Sur la route reliant Benghazi à Adjabiah, des dizaines de véhicules en feu jonchent la route. Pour Kadhafi, pas question de céder. Il a même promis une « longue guerre » tout en assurant qu’il « allait vaincre ». Comme pour le renforcer dans sa démence, de nombreux pays se soulèvent contre les agissements de la coalition, qui selon eux, s’écarte du but initial. Ainsi, selon la ligue arabe, les bombardements s’éloignent « du but qui est d'imposer une zone d'exclusion aérienne ». En Russie, en Allemagne ou encore dans plusieurs pays africains, les gouvernants mettent en exergue, à des degrés plus ou au moins élevés, la violence avec laquelle sont conduites les opérations. Les pays d’Afrique, et notamment la Mauritanie dénoncent la disparition d’une cinquantaine de civils tandis que de nombreuses infrastructures cèdent sous les tirs de la coalition, dans un pays pourtant déjà ravagé par la crise économique. Pendant ce temps, le colonel Kadhafi n’hésite pas à faire parler la DCA (missiles anti-aériens) et à bombarder ses propres villes pour faire taire les manifestants.
Théo Garcin