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Premier jour de la visite de Hu Jintao, moisson de contrats pour les firmes tricolores

Jeudi 04 Nov 2010 à 22:30

Le président de Chine Hu Jintao a entamé jeudi une visite de trois jours en grande pompe en France en remplissant les carnets de commande d'Airbus et d'Areva de plus de dix milliards d'euros de contrats et en apportant son soutien de principe à la présidence française du G20.

Tapis rouge, honneurs militaires et escorte de Gardes républicains à cheval, le protocole n'a omis aucun détail pour faire de la deuxième visite d'Etat du numéro un chinois en France un succès sans ombre, et effacer la brouille née en 2008 du passage agité de la flamme olympique à Paris et de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama.

Signe de l'importance qu'il accorde à ce séjour, c'est le chef de l'Etat lui-même et son épouse Carla qui ont accueilli M. Hu et la Première dame de Chine Liu Yongqing à leur arrivée à l'aéroport d'Orly.

Les deux dirigeants sont immédiatement entrés dans le vif du sujet pour un entretien d'une heure conclue par la signature de contrats estimés à "plus de 20 milliards de dollars" par la vice-ministre chinoise des Affaires étrangères Fu Ying et à 16 milliards d'euros par l'Elysée.

Premier bénéficiaire de ces méga-contrats, le groupe Airbus a signé pour la livraison de 66 nouveaux avions (50 moyen-courriers A320, 6 longs-courriers A330 et 10 longs-courriers A350) et confirmé la fourniture de 36 autres A330, le tout pour un montant annoncé de 14 milliards de dollars.

Areva a pour sa part signé pour la fourniture sur dix ans de 20.000 tonnes d'uranium naturel ou enrichi au groupe d'électricité chinois CGNPC, pour un montant d'environ 3,5 milliards de dollars (2,5 mds EUR). Ce contrat remplace un précédent accord signé en novembre 2007.

La PDG du groupe nucléaire Anne Lauvergeon a aussi paraphé un accord avec l'électricien chinois CNCC qui pourrait aboutir à la construction d'une usine de retraitement des déchets nucléaires du type de celle de La Hague (Manche).

Enfin, Total a annoncé son intention d'investir avec le groupe China Power Investment corporation (CPI) 2 à 3 milliards d'euros dans une usine pétrochimique de transformation du charbon en Chine.

A l'issue de ce premier entretien, la ministre chinoise s'est réjouie du "grand succès" de cette visite et a annoncé dans la foulée que son pays voulait doubler d'ici cinq ans le montant annuel de ses échanges commerciaux avec la France, actuellement à 40 milliards de dollars.

Même si le protocole avait pris soin de ne pas prévoir de conférence de presse, la question controversée des droits de l'Homme en Chine a malgré tout été évoquée publiquement, mais brièvement.

En réponse à une question, Mme Fu a écarté la question du sort réservé par les autorités chinoises au prix Nobel de la Paix 2010, le dissident Liu Xiaobo en estimant que cette question n'était "pas un sujet à aborder entre la Chine et la France". Liu a violé la loi et a été condamné", a-t-elle ajouté, avant de défendre les "réformes" accomplies par la Chine.

Avant l'arrivée de M. Hu, les ONG de défense des droits de l'Homme ont dénoncé le "renoncement" de la France, l'accusant d'avoir bradé la question des libertés en échange de juteux contrats et pour s'attirer les bonnes grâces de la Chine avant "sa" présidence du G20.

Lors du dîner d'Etat, Nicolas Sarkozy s'est publiquement défendu de toute complaisance en assurant que les deux pays évoquaient "tous les sujets ensemble, en confiance" et "sans tabou". Mais il a aussi longuement flatté le statut de son invité sur la scène internationale, répétant que "le monde a besoin de la Chine" pour régler ses grands problèmes.

Dans la foulée, Hu Jintao a profité de la seule prise de parole prévue pendant sa visite pour assurer à son hôte qu'il oeuvrerait pour "assurer le succès" de "sa" présidence du G20.

Un soutien largement de principe. En effet, dans leur déclaration conjointe, la France et la Chine, qui refuse de se laisser dicter le calendrier de réévaluation du yuan, se sont bornées à souligner la nécessité de "refonder la croissance mondiale et le système financier international sur des bases plus saines et plus solides".

MM. Sarkozy et Hu doivent reparler du G20 vendredi à Nice.

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