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Au salon de l'auto, Sarkozy se présente en sauveur de la filière

Vendredi 01 Oct 2010 à 15:35

Nicolas Sarkozy a dressé vendredi un bilan très élogieux des milliards d'euros déboursés par le gouvernement pour venir en aide à la filière automobile française menacée par la crise, devenue selon lui "l'enfant le plus prometteur" du Grenelle de l'environnement.

A la veille de son ouverture au grand public, le chef de l'Etat s'est présenté au Mondial de l'automobile avec des airs de sauveur. Après trois quarts d'heure de cohue au milieu des carrosseries des stands tricolores, il a vanté à leurs PDG les mérites des aides qui leur permettent, deux ans après le début de la crise, de sortir la tête de l'eau.

"Quand j'ai annoncé les primes à la casse, il y a eu en Europe (...) un tollé dénonçant le nationalisme français", a rappelé Nicolas Sarkozy, "et puis il y a eu les faits: la quasi-totalité des grands marchés nous ont suivis sur la prime à la casse, ceux qui n'ont pas suivi le paient aujourd'hui".

"Entre 2009 et 2010, il y a eu un million de primes à la casse. C'est pas un succès, c'est un triomphe!", s'est-il exclamé.

Sur le même ton, il a loué le succès du bonus-malus destiné à favoriser les voitures propres. "Ca nous permet d'être le premier des grands marchés européens sur le bilan écologique", s'est extasié le président, "l'automobile est l'enfant le plus prometteur du Grenelle de l'environnement".

Pour enfoncer le clou, il a insisté sur les bénéfices de la suppression de la taxe professionnelle et du crédit impôt-recherche. "Tout ça, c'est près de 900 millions d'euros de plus (par an) de soutien pour la filière automobile", a-t-il lancé, "imaginez qu'on vous ait prélevé 600 millions d'euros en plus, vous verriez l'ambiance !"

Fort de ces arguments sonnants et trébuchants, Nicolas Sarkozy a alors abordé le sujet qui l'a fâché à plusieurs reprises avec les constructeurs français, celui des délocalisations.

"Tout ce qu'on fait, c'est pas simplement pour que vous créiez des usines à l'autre bout du monde. Créer des usines pour gagner des parts de marché, formidable. Mais fabriquer à l'étranger pour vendre en France, non", a-t-il asséné aux PDG de PSA Peugeot-Citroën Philippe Varin et de Renault Carlos Ghosn.

Mis en cause, les deux patrons ont fait valoir leurs arguments. Celui de PSA en rappelant qu'il employait la "moitié de ses collaborateurs en France" mais qu'il continuerait à "chercher la croissance là où elle se trouve". Son collègue de Renault en soulignant sa volonté de "préserver son leadership sur son marché national".

Leur défense n'a pas totalement apaisé le chef de l'Etat. "Je ne regrette nullement le prêt de 6 milliards d'euros que nous avons fait à PSA et à Renault" en 2009, a-t-il dit, mais "je ne peux pas accepter que, sur les six dernières années, la France soit devenue importatrice de véhicules".

Avant de lancer la mise en garde de l'Etat actionnaire au PDG de Renault. "Je suis pas enthousiaste qu'on construise en Turquie des véhicules qu'on vend ensuite en France", a-t-il prévenu, "il faut faire très attention parce que je regarde les dossiers avec beaucoup d'intérêt"...

Au détour de sa plaidoirie sur les efforts du gouvernement pour restaurer la compétitivité des entreprises françaises, Nicolas Sarkozy a donné un nouveau coup de griffe contre les 35 heures. "C'est un levier pour délocaliser", a-t-il dénoncé. Et il a promis d'accélérer l'harmonisation et la "convergence" des fiscalités française et allemande.

Evoquant enfin les véhicules électriques, le président a proposé que l'Etat paie "la moitié" de l'installation des 75.000 points de recharge publics prévus d'ici 2015 par le gouvernement.

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