Un entretien avec le directeur adjoint de l’institut chinois d'études sur le développement mondial | Bourse Reflex
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Un entretien avec le directeur adjoint de l’institut chinois d'études sur le développement mondial

Lundi 07 Jun 2010 à 11:20


BourseReflex : Comment les autorités chinoises comptent-elles contrôler la croissance des prix dans l’immobilier ?

Mr. Ding Yifan : Cette croissance est le résultat d’une situation macroéconomique complexe. En 2009, pour surmonter les premiers effets de la crise mondiale, la Chine a assoupli sa politique monétaire (baisses cumulées des taux d’intérêts et du taux de réserve obligatoire des banques) ce qui a provoqué un afflux de super-liquidités sur le marché. Dans le même temps, les exportations ont fortement chuté - moins 16 % en un an. Les investisseurs se sont donc réfugiés dans l'immobilier. Aujourd'hui, pour ralentir cette croissance des prix, il faudrait que l’économie mondiale retrouve un certain dynamisme (en mars, le déficit de la balance commerciale chinoise a atteint 7 milliards de dollars). Le gouvernement central réfléchit par ailleurs à des mesures plus concrètes - taxes sur la vente des terrains et sur les logements vendus et non-occupés pour des motifs spéculatifs, augmentation du parc de logements sociaux, etc.

B.R : Ces mesures envisagées seront-elles suffisantes ?

D.Y : Impossible de deviner l’impact de politiques comme celles-ci. D’autant que nul n’en connait les modalités exactes. Mais cette interdépendance entre la croissance mondiale et le marché intérieur - celui de l’immobilier en particulier - va obliger les autorités chinoises à innover ou à réguler davantage pour tenter de maîtriser cette flambée des prix.

B.R : Paradoxalement, la Chine n’a jamais compté autant de primo-accédants. Comment expliquer cette situation ?

D.Y : Les Chinois aiment investir dans la pierre. Il y a aujourd’hui plus de 80 % de propriétaires urbains dans le pays. C’est énorme. Tout jeune pékinois ou shanghaien se doit de posséder son propre logement. Culturellement, c’est très important, quitte à s’endetter sur 20 ou 25 ans. Au fond, la crise de l’immobilier ne change rien à cette habitude. On peut donc redouter une crise durable avec des prix au mètre-carré qui, dans les grandes villes, peuvent encore atteindre des records.

Propos recueillis par Philippe Drouot

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