La Bourse de Paris poursuivait son envolée lundi en milieu d'après-midi, frôlant les 9% de hausse, dopée par l'annonce du plan de secours sans précédent des pays de l'UE aux Etats les plus fragiles de la zone euro, et sur fond de rebond spectaculaire des valeurs bancaires.
A 16H00 (14H00 GMT), le CAC 40 gagnait 290,33 points à 3.682,92 points, soit 8,56%, dans un volume d'échanges très fourni de 7,041 milliards d'euros. Le CAC 40 a frôlé à plusieurs reprises les 9% de hausse.
Les valeurs bancaires continuaient d'afficher un rebond spectaculaire, après la dégringolade de la semaine dernière. Société Générale bondissait de 24,40% à 40,77 euros, Crédit Agricole de 19,65% à 10,84 euros, BNP Paribas de 10,12% à 52,77 euros. Dexia s'appréciait de 18,18% à 3,9 euros et Natixis de 17,20% à 3,74 euros. L'assureur AXA prenait 21,92% à 14,42 euros.
Les valeurs financières, et notamment bancaires, avaient subi de plein fouet une panique accrue des marchés financiers la semaine dernière à propos de l'endettement de plusieurs pays de la zone euro. La crise liée à la Grèce menaçait de s'étendre au Portugal et à l'Espagne notamment.
Société Générale et Crédit Agricole, qui possèdent toutes deux une filiale en Grèce, avaient particulièrement souffert, avec une chute de 18% pour la première banque et de 16% pour la deuxième au total sur la semaine.
L'ouverture de Wall Street n'a pas pesé sur la place parisienne, puisque les indices américains ont ouvert en nette hausse: le Dow Jones gagnait 3,89% et le Nasdaq 4,53% à 14H00 GMT.
Les économistes et les analystes ont tous salué les annonces faites à Bruxelles dans la nuit pour répondre à la crise de confiance qui secoue la zone euro.
Mais ils notent également que le plus dur reste à faire, à savoir la mise en place d'une discipline budgétaire efficace dans la zone euro.
"L'urgence a permis de basculer vers une solution européenne", se félicite Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.
Mais "les questions qui étaient posées et qui avaient engendré ces tensions ne sont pas dissipées. Celles liées à la croissance et à l'ajustement des finances publiques ne sont pas résolues et vont donc continuer à peser" sur le dynamisme économique de la zone euro et de l'Europe, prévient-il.